Au sujet de cet outil

Cet outil fournit des directives visant à améliorer les processus de collectes de données en les rendant sensibles au genre. Cet outil porte sur la collecte de données sensibles au genre et l’analyse de genre.

La collecte de données sensibles au genre signifie et implique :

  • Comprendre la population agricole (base fournisseur) et les différences principales
    • Identifier les catégories d’agriculteurs actuellement atteintes par les services disponibles (et celles qui ne le sont pas)
  • Informer les interventions de la chaîne d’approvisionnement ; s’assurer que les fournisseurs (femmes / hommes) sont bien ciblés par des services qui leur sont adaptés
    • Identifier des besoins pour des services et des interventions sur mesure
    • Comment améliorer les stratégies sensibilisation
  • Suivi et évaluation participatives des progrès au fil du temps pour différents types de fournisseurs
    • Communiquer les résultats relatifs aux améliorations de performance des agriculteurs (f/h) et du bien-être

L’analyse du genre permet et implique de :

  • Comprendre les relations entre les genres : comment la répartition du travail, l’accès aux ressources et le contrôle de celles-ci, les processus décisionnels au sein du ménage et les normes et valeurs sont liés et interconnectées.
  • Renseigner la conception, la planification et le S&E d’interventions et de programme solides et inclusifs qui contribuent à l’autonomisation économique des femmes et aux moyens de subsistance durables.

RESSOURCES

Association pour le développement de l’éducation en Afrique. (2006). Une gamme d’outils pour l’intégration du genre au niveau de l’enseignement supérieur en Afrique. Groupe de travail sur l’enseignement supérieur, Ghana.

Outils de facilitation CARE. Accessibles ici :http://www.care.org/sites/default/files/documents/FFBS_1_Facilitation_Tools.pdf

Outils d’apprentissage, de suivi et d’évaluation CARE. Accessibles ici :http://www.care.org/sites/default/files/documents/FFBS_6_Monitoring_Tools.pdf

Outil participatif de suivi de résultat CARE. Un mode d’emploi détaillé par étape finalisé en janvier 2015. Accessible ici :http://www.care.org/sites/default/files/documents/PPT%20Step-by-step%20Guide%20Final.pdf

Anouka van Eerdewijk & Katrine Danielsen (2015) Les problématiques de genre dans la puissance au niveau de l’exploitation Février 2015. Accessible ici :http://www.kit.nl/gender/wp-content/uploads/publications/551bcea41f1f2_Gender%20Matters%20in%20Farm%20Power%20(final%20150227%20AE%20KD).pdf

Guion, Lisa A., Diehl, David C. and McDonald, Debra (2013). Triangulation : Établir la validité des études qualitatives. University of Florida, IFAS Extension.

IFPRI (2011) Introduction de la notion de genre dans les recherches, le développement et la vulgarisation dans le domaine agricole. Établissement de priorités, recherche & développement, vulgarisation, adoption, évaluation. Auteurs : Ruth Meinzen-Dick, Agnes Quisumbing, Julia Behrman, Patricia Biermayr-Jenzano, Vicki Wilde, Marco Noordeloos, Catherine Ragasa, Nienke Beintema.

Organisation international du travail (OIT) SEAPAT, équipe consultative multidisciplinaire de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique. Struture Harvard Accessible ici: http://www.ilo.org/public/english/region/asro/mdtmanila/training/unit1/harvrdfw.htm

Ranjani K. Murthy (2015) Gamme d’outils sur les méthodes d’évaluation participative sensible au genre. Rapport technique ·Janvier 2015. Accessible ici : https://www.researchgate.net/publication/283509621_Toolkit_on_Gender-sensitive_Participatory_Evaluation_Methods

PADev : Guide d’évaluation participative du développement. Accessible ici :http://padev.nl/guidebook.htm

Centre de ressources WEAI. Accessible ici :https://www.ifpri.org/topic/weai-resource-center

 

 

Introduction

Pourquoi ? 

L’intégration de la notion de genre au niveau de la collecte et de l’analyse de données permet d’améliorer la compréhension de la base fournisseurs et donc de permettre aux partenaires de mise en œuvre des projets CLP d’agir de manière stratégique et de contrôler l’efficacité. Les bénéficiaires peuvent aussi répondre aux attentes des clients, des donateurs et aux engagements publics en matière de lutte contre les inégalités entre les genres.

Avantages de la collecte de données sensible au genre :

  1. Mesure de l’impact de développement

L’intégration d’indicateurs de genre est cruciale pour la mesure du développement : l’autonomisation des femmes signifie un impact majeur au niveau du bien-être de la famille, de la nutrition, de l’éducation et de la santé.

  1. Comprendre votre base fournisseur

Une collecte de données sensible au genre permettra d’améliorer la compréhension de l’accès actuel des hommes et des femmes aux programmes en matière de durabilité, aux stratégies d’approvisionnement et aux services et aux bénéfices qui en découlent.

  1. Reconnaissance du potentiel des femmes

Les femmes contribuent amplement à la production de cacao mais il leur manque souvent les privilèges de la terre ou d’autres droits qui leur permettraient de profiter de leurs contributions. La collecte de données sensibles au genre rend visible la contribution des femmes et permet de mieux comprendre comment les femmes peuvent bénéficier de la production de cacao et y contribuer.

  1. Éviter les interventions non sensible au genre

Lors de la collecte de données servant à concevoir les interventions, ne pas tenir compte du genre signifie des opportunités ratées ce qui risque de rendre les interventions contre-productives et de renforcer des inégalités déjà présentes entre les femmes et les hommes.

  1. Élaboration d’interventions sensibles au genre

Une meilleur compréhension des rôles et des problématiques spécifiques au genre dans le secteur du cacao permettra de mettre au point des interventions qui réduisent les inégalités entre hommes et femmes et contribuent à l’autonomisation des femmes.

  1. Suivi des résultats des femmes et mesure de l’impact

La collecte de données sensibles au genre permet le suivi des changements au niveau de la performance des hommes et les femmes.

  1. Communication de politiques sensibles au genre

 

Grâce aux données sensibles au genre, les entreprises en savent plus sur le statut des femmes au niveau fournisseur et savent aussi ce qui peut-être entrepris pour aborder les inégalités entre les hommes et les femmes. Disposer de données de type facilite la communication sur les problématiques de genre vers les clients, les consommateurs et les fournisseurs. Par exemple, dans l’ouvrage « Les femmes et le chocolat : une feuille de route », Oxfam, dans le cadre de sa campagne intitulée « La face cachée des marques » a appelé Mars, Mondelez et Nestlé à fournir des informations sensibles au genre dans l’objectif d’élaborer des plans d’action pour lutter contre les inégalités entre les genres au niveau de leurs chaînes d’approvisionnement cacao.[1]

 

En quoi consiste la collecte de données sensible aux genres ?

 

La collecte de données sensibles au genre débute par la ventilation des données par genre. Il s’agit d’une étape simple toutefois souvent négligée. La ventilation des données selon les genres consiste à différencier les données selon le sexe durant la collection : en précisant si le participant est un homme ou une femme. Ceci fournit des informations sur le pourcentage d’hommes et de femmes au niveau des bases de fournisseurs, permettant l’observation et l’analyse de similarités et / ou de différences entre eux ; ceci permet aussi de mesurer les changements sur la durée pour les hommes et les femmes.

La ventilation des données selon le genre est certes une première étape, mais elle ne suffit pas. En effet, ceci ne saurait rendre justice aux autres différences parmi les fournisseurs dans la base de données (par exemple les défis et les opportunités qui se présentent varient en fonction des femmes). Pour bien comprendre la dynamique de genre et ses implications, il convient de comprendre les relations hommes femmes en les plaçant dans leur contexte (voir l’encadré 4.1).  Par relations de genre nous entendons les différents rôles, comportements, responsabilités et les attributs socialement construits que la société considère appropriés pour les hommes et les femmes. Un exemple : considérer que les femmes sont responsables de la cuisine et de la collecte de l’eau. Mener un analyse de genre aide à comprendre les relations entre les genres.

 

 

Étapes à suivre pour utiliser cet outil

 

Étape 1 : Définir les objectifs d’apprentissage

Étape 2 : Sélectionner les méthodes de collecte de données

Étape 3 : Analyse de genre

Étape 4 : Suivi et évaluation participatifs

 

 

[1] http://www.behindthebrands.org/en/campaign-news/women-cocoa-roadmap

 

Appendice

Étape 4 : Suivi et évaluation participatifs

Point essentiel : 

  • Puisque la nature des relations de pouvoir entre les genres diffère selon les cultures et les contextes, il est impossible de composer une liste standard d’indicateurs d’impact et valable pour tous les lieux et toutes les périodes et pour tous les types de femmes.
  • L’identification des indicateurs-clés de genre est un processus participatif.

Qu’est-ce que le S&E participatif ?

Un S&E participatif signifie l’emploi d’approches participatives de détermination d’indicateurs utilisés pour évaluer la performance sur la durée. Ceci est issu de la reconnaissance du fait que nous ne leur imposons pas « nos visions » de ce que le changement signifie au niveau des personnes avec lesquelles nous travaillons, mais que nous établissons des indicateurs sur les réalités et les perceptions que les personnes ont de ces réalités.

Le travail avec des communautés visant la compréhension de leurs réalités et leur perception de celles-ci est un résultat positif et ce que le changement social signifie pour elles constitue un défi et requiert de la patience, du temps et des ressources.

Quels en sont les bénéfices ?

Voici les bénéfices liés à l’élaboration des indicateurs-clés de manière participative :

  • Le processus engendre des indicateurs plus réalistes, pertinents et réalisables que ceux qui résultent de méthodes plus classiques et descendantes.
  • Ce processus permet souvent de souligner les différents besoins en matières d’informations et les idées de changements des différentes parties prenantes et groupes de la communauté (incluant femmes et hommes).
  • L’accent est mis non seulement sur ce qui est mesuré mais aussi sur le mode de mesure et qui a choisi les indicateurs qui sont pertinents.
  • Les informations sur le pourquoi et le comment du changement et sur l’importance de ce changement pour les personnes concernées sont plus susceptibles d’émerger.
  • Ce processus permet d’améliorer l’appropriation et l’implication au niveau des projets mais aussi la sensibilisation, l’apprentissage mutuel et l’autonomisation. Tous ces aspects peuvent améliorer la probabilité que votre projet ait des impacts positifs et variés.

Élaboration d’indicateurs-clés pour le changement social

Puisque la nature des relations de pouvoir entre les genres et les éléments déclencheurs d’autonomisation diffèrent selon les cultures et les contextes, il est impossible de composer une liste standard d’indicateurs d’impact et valable pour tous les lieux, toutes les périodes et pour tous les types de femmes. Par conséquent, quelle que soit la structure utilisée, il convient de la replacer dans un contexte et de la relier aux propres définitions des femmes et des priorités à fin d’autonomisation des femmes.

Prenez par exemple la structure globale d’autonomisation des femmes, mise au point par CARE (consultez également l’étape 3). Cette structure fournit 23 dimensions-clés de changement social dont on sait qu’elles sont largement pertinentes en matière d’autonomisation des femmes dans de nombreuses études et contextes variés. (tableau 5.2)

Tableau 5.2 : Dimensions clés changement social

 

AgenceStructuresRelations
1. Image de soi, respect de soi11. Règles en matière de mariage et parenté, normes et processus19. Conscience de soi et des autres dans l'interdépendance
2. Sensibilisation à la loi et aux droits12. Les lois et la citoyenneté dans la pratique20. Négociation, habitudes en matière de logement
3. Informations et aptitudes13. Informations et accès aux services21. Alliance et habitudes en matière de coalition
4. Éducation14. Accès à la justice, opposabilité des droits22. Poursuite et acceptation de l'obligation de rendre compte
5. Emploi / contrôle de son propre travail15. Accessibilité au marché23. Nouvelles formes sociales : relations et comportement modifiés
6. Mobilité au sein de l'espace public16. Représentation politique
7. Influence décisionnelle au sein du ménage17. Pratiques budgétaires de l'état
8. Adhésion de groupe et activisme18. Représentation de la société civile
9. Biens matériels possédés
10. Forme physique et intégrité corporelle

 

Ces indicateurs-clés de changement social constituent le point de départ de l’étude des relations de pouvoir entre les sexes placés en contexte. Cela signifie que dans chaque contexte, les propres définitions des femmes et les priorités d’autonomisation sont liées aux 23 dimensions-clés du changement social.

 

Comment mener un S&E participatif et sensible au genre ?

Différents outils et exercices pouvant être utilisés pour un S&E participatif et sensible au genre sont disponibles:

Par exemple, si votre objectif consiste à évaluer les changements au sein des ménages et de la communauté / marché ou au niveau des états, La boîte (par Murthy, RK. 2015) est pertinente. Chaque outil décrit les objectifs, les affirmations, les différentes étapes à suivre et les possibles limites et les références. Les outils suivants sont particulièrement pertinents :

  • Les méthodes participatives et sensibles au genre visant à analyser l’impact au niveau des inégalités et des règles au sein du ménage – Page 24
  • Les méthodes participatives et sensibles au genre visant à analyser l’impact au niveau de la communauté, des marchés locaux et du gouvernement – Page 65

CARE dispose également d’outils utiles, comme L’outil participatif noté PTT, de suivi de résultats : Auto-évaluation. Cet outil a pour objectif de suivre l’adoption au niveau de l’individu et du groupe des pratiques-clés afin de profiler la collecte des données et de renforcer les résultats du programme. Il est possible d’adapter le PTT à des groupes différents, y compris des groupes dits AVEC, association villageoise d’épargne et d’emprunt.

 

 

 

 

 

 

Étape 3 : Analyse de genre

Point essentiel :

  • Différents cadres permettant de mener une analyse de genre sont disponibles.
  • Chaque cadre sert des objectifs différents. Par exemple, dans une optique de mesure, les outils WIAD sont utiles alors que si vous êtes intéressés par la conception et la planification d’un projet, il est recommandé d’employer le cadre Harvard.

Être sensibilité à une collecte de données de genre n’est pas la même chose que de mener une analyse de genre. Une analyse de genre est menée dans l’objectif de comprendre le rôle joué par les relations de genre dans, par exemple, l’adoption d’une nouvelle technologie, ou l’impact d’une formation ou d’un programme de plus grande ampleur. Une analyse de genre peut être utilisée dans l’objectif du suivi et de l’évaluation mais aussi afin de concevoir des interventions, des programmes et des politiques en lien avec l’autonomisation des femmes.

L’exécution d’une analyse de genre implique souvent ces trois questions :

  1. Qui fait quoi ?
  2. Qui a l’accès à quoi et le contrôle de quoi et qui en bénéficie ?
  3. Qui prend les décisions ?

La question « Qui fait quoi »?’ porte sur la répartition du travail. Ceci porte à la fois sur le travail au sein d’une ferme et dans d’autres activités génératrices de revenus ainsi que les tâches ménagères du foyer.

La question « Qui a l’accès à quoi et le contrôle de quoi » porte sur l’accès aux ressources clés nécessaires aux différentes activités dans lesquelles hommes et femmes sont impliqués. Les ressources peuvent impliquer l’accès à des ressources productives comme des terres, l’accès aux financements ou par exemple l’adhésion de groupe. Puisque l’accès aux ressources ne se traduit pas forcément par des bénéfices, il importe de s’interroger sur le contrôle des ressources. Par exemple si oui ou non une femme dans une communauté cacaoyère peut bénéficier de l’obtention d’un prêt, dépend dans quelle mesure elle est capable de prendre la décision quant à l’utilisation de ce prêt.

« Qui prend les décisions » évoque les processus décisionnels du ménage et les relations de genre. Celles-ci incluent des décisions sur les rôles, l’utilisation des ressources ou, par exemple la liberté de mouvement. Par exemple dans les communautés cacaoyères d’Afrique de l’Ouest, il est normal de demander la permission à son mari avant de voyager vers une communauté voisine.

Il existe différents cadres pour mener une analyse de genre. Ces cadres servent des objectifs différents. Un exemple est le Cadre rôles de genre ou le cadre d’analyse de genre élaboré par le HIID, l’Institut de Harvard pour le développement international et le bureau WID de l’USAID, l’agence américaine pour le développement international. Le Cadre analyse de genre est principalement utilisé pour la conception et la planification de projets plus efficaces et pour améliorer la productivité en général. Le cadre Harvard offre des directives pratiques pour la collecte de données au niveau de la communauté et ménage. Il comprend des questions clés à poser à chaque étape du cycle du projet : identification, conception, mise en oeuvre et évaluation.

Dans l’objectif de l’adoption de la technologie, un autre cadre d’analyse de genre a été mis au point par le KIT. Dans ce cadre analytique, les trois dimensions citées ci-dessus sont associées à une quatrième dimension : les valeurs et les normes. Les normes et valeurs en matière de genre constituent un ensemble de règles et hypothèses sociales concernant ce que les hommes et femmes sont supposés faire, comment et avec quelles ressources et le statut des individus et de leur valeur relative dans la société. Les valeurs et les normes de genre sont en changement constants. Dans ce cadre, la compréhension des dynamiques de genre signifie non seulement comprendre chacune des dimensions séparément mais aussi examiner comment ces quatre dimensions sont liées et interconnectées.

Illustration 5.1 Le cadre analytique utilisé pour comprendre l’adoption de la technologie

Gender lens - data collection tool

Source : adoptée de Eerdewijk et Danielsen 2016.

Par exemple, lorsque l’on examine l’interaction entre les normes et les valeurs et la répartition du travail, cela nous aide à comprendre dans quelle mesure ces rôles reflètent les « règles sociales » et s’il existe des récompenses et des sanctions pour le respect oui le non-respect.

Si l’objectif d’une analyse comparative entre les genres est une mesure, un outil à la fois très utile et pratique est le « Women’s Empowerment in Agriculture Index, l’index d’autonomisation des femmes dans l’agriculture » (noté WEAI). WEAI fut lancé en 2012 par IFPRI, Oxford Poverty and Human Development Initiative (OPHI), et l’initiative alimentaire pour l’avenir de l’USAID. L’outil WEAI est considéré comme la première mesure complète et standardisée qui mesure directement les niveaux d’autonomisation et d’inclusion des femmes dans le secteur agricole.

WEAI est un index résultant d’un questionnaire visant à mesurer le rôle et l’étendue de l’implication des femmes dans le secteur de l’agriculture dans cinq domaines :

  1. Décisions relatives à la production agricole
  2. L’accès à et le processus décisionnel relatif aux ressources productives,
  3. Contrôle sur l’utilisation des revenus,
  4. Le leadership dans la communauté, et
  5. L’utilisation du temps.

Les matériels pédagogiques WEIA incluent des exemples de questionnaires qui ont été pilotés afin de collecter de type de données permettant les mesures. WEAI a été utilisé de manière intensive depuis 2012 par tout un ensemble d’organisations afin de contrôler le niveau d’autonomisation et de parité hommes-femmes dans l’agriculture, pour identifier les domaines-clés où il convient de renforcer l’autonomisation et de suivre l’évolution dans le temps.

Autres cadres utiles pour l’analyse de genre :

Cadre d’autonomisation des femmes – CARE.

Dans leur analyse, ils insistent en particulier sur l’autonomisation des femmes, définie ainsi : « l’ensemble des changements nécessaires pour qu’une femme puisse mettre en application l’ensemble de ses droits humains – l’interaction des changements au niveau de :

  • L’agence : ses propres aspirations et capacités,
  • La structure : l’environnement qui entoure et conditionne ses choix,
  • Les relations : les relations de pouvoir au sein desquelles elle négocie et se fraie un chemin.

Structure agency relations

CARE a élaboré une structure globale d’autonomisation des femmes qui fournit 23 dimensions-clés de changement social dont on sait qu’elles sont largement pertinentes en matière d’autonomisation des femmes dans de nombreuses études et contextes variés.

CARE a également mis au point des outils de genre pratiques qui peuvent s’avérer pertinents pour la collecte de données sur le terrain et pour sensibiliser les communautés, les groupes et les ménages. Par exemple :

  • Un outil pour explorer qui au sein du foyer a l’autorité décisionnelle et comment ce processus devrait être plus égalitaire (page 106).
  • Un outil qui permet d’identifier les différences entre les règles de comportement des hommes et des femmes ; de comprendre comme ces règles de genre peuvent affecter de manière négative la vie des femmes et des hommes (page 109)
  • Un outil qui illustre l’existence du pouvoir dans les relations et son impact au niveau des personnes et des relations (page 113).

Étape 2 : Sélection des méthodes de collecte de données sensibles au genre

Point essentiel :

  • Les méthodes de collecte de données qui n’ont pas été conçues de manière sensible au genre sont peu susceptibles d’être efficaces dans la collecte de données probantes sur les problématiques de genre.
  • La collecte de données sensibles au genre nécessite un panachage de méthodes, à la fois quantitative et qualitative

L’étape 2 consiste à recueillir des données d’une manière sensible au genre. La collecte de données sensibles au genre nécessite plus que des données ventilées par genre.

Comment s’assurer que la collecte des données s’effectue bien en respectant les genres ? Il existe plusieurs choix qui confortent une collecte de données sensibles au genre. Par exemple :

  • Recueillir des informations en provenance d’hommes et de femmes. Cela ne signifie par forcément interroger des hommes et des femmes d’un même foyer. Les études qui omettent d’inclure des participants masculins et féminins engendrent des erreurs.
  • Assurez-vous que les méthodes de collecte de données sont bien adaptées au contexte. Cela nécessite des questions adaptées au contexte.
  • Les méthodes de recherche doivent être faciles à comprendre pour les participants des deux sexes. Par exemple, l’utilisation d’un questionnaire dans un contexte où la plupart des femmes sont illettrées peut engendrer de faibles résultats ou un faible de taux de participation chez les femmes. Il peut se révéler judicieux d’utiliser des illustrations et de faire intervenir un traducteur / un chercheur qui maitrise les langues locales.
  • Tenir compte de la date, de l’heure et du lieu des interviews en intégrant les disponibilités et les contraintes éventuelles à la participation des femmes. Mener la recherche durant des heures où les femmes sont habituellement occupées par le ramassage du bois risque de biaiser les réponses et donc les données recueillies. Il est conseillé de convenir d’un horaire d’entretien à l’avance.
  • Le travail avec des équipes de recherche qualifiées et mixtes en mesure de mener des recherches sensibles au genre et de comprendre les problématiques en matière de genre et les dynamiques d’ordre social au sein du contexte de recherche. Ceci est particulièrement pertinent en cas de travail dans des sociétés où hommes et femmes vivent séparés, où ils n’occupent pas les mêmes espaces publics donc où les hommes sont généralement isolés des femmes et inversement[1] Envisagez de travailler avec un expert en matière de genre tôt dans la procédure afin de définir (ou affiner) les questions de la recherche et la méthodologie.
  • Si la collecte des données implique des sujets sensibles comme la violence conjugale ou l’appropriation des ressources, assurez-vous qu’elle s’effectue dans un environnement considéré comme sûr, par un exemple un groupe exclusivement féminin.
  • Comparer les ménages dirigé par un homme et une femme n’est pas la même chose que d’effectuer une analyse de genre. Les différences entre ces différents types de manages pourraient être affectées directement au sexe du chef de famille. Assurez-vous donc de récolter des données démographiques supplémentaires par exemple l’âge, l’éducation, le nombre d’enfants, etc.
  • Assurez-vous de collecter aussi des données qualitatives. Ces données qualitatives vous permettrons de traiter les questions dites ouvertes (« pourquoi » et « comment »). Ce type de collecte de données est nécessaire si vous souhaitez comprendre les raisons de l’existence d’inégalités de genre.

La collecte de données sensibles au genre peut impliquer plus de ressources que ce que vous aviez initialement prévu. Par exemple, parce que vous employez un chercheur homme et un chercheur femme au lieu d’un seul chercheur. Ou parce que vous n’aviez pas prévu de budget pour la collecte de données qualitatives. Par conséquent, lorsque vous menez une recherche sensible au genre, assurez-vous de prévoir un budget disponible pour d’éventuels frais supplémentaires.

 

Méthodes de sélection de données

Plusieurs types de collecte de données sont employés par les chercheurs ou évaluateurs. Habituellement, on opère une distinction entre trois types de données : les données quantitatives, qualitatives et un mélange des deux (méthodes panachées).

Les données quantitatives peuvent, notamment lorsqu’il s’agit d’importants ensembles de données, constituer de puissants instruments pour présenter des preuves et effectuer des mesures. Une recherche quantitative consiste, en général, à rassembler des informations pouvant être déduites (ou généralisées) en direction de populations importantes.

Des exemples typiques de collecte de données quantitatives sont les enquêtes ou les questionnaires qui peuvent servir à comparer des résultats sur la durée et à mesurer le changement. Pour que les enquêtes permettent une collecte de données sensibles au genre, il faut veiller à ce que celle-ci s’effectue en ventilant les données selon le genre et que des données démographiques supplémentaires soient également collectées.

Ce qui s’est parfois avéré difficile lors des enquêtes auprès des producteurs de cacao fut l’obtention d’un nombre assez important de réponses provenant de femmes. Ce manque de femmes dans votre échantillon peut s’expliquer de plusieurs manières : il peut s’agir d’une polarisation due aux participants qui sont à la tête des ménages (donc à majorité des hommes) ou alors l’heure et le lieu où est effectuée l’enquête peut empêcher la participation des femmes. Parfois, les femmes ne se considèrent par comme exploitantes cacaoyères et s’en remettent à leur époux lorsqu’il est question d’une enquête, ceci malgré leur participation avérée à la production de cacao. L’illustration 5.1 nous montre qu’une exclusion accidentelle des femmes dans une enquête est vite arrivée.

Parfois, il arrive aussi que les femmes soient exclues sciemment, par exemple parce les chercheurs ont noté que les femmes disposent de « moins de connaissances sur le cacao » ce qui a des répercussions sur la qualité de l’enquête. Avant de faire le choix de ne pas intégrer les femmes, vous vous devez, en votre qualité de chercheur, de réfléchir sur votre méthodologie d’enquête et sur les questions en envisageant une éventuelle reformulation des questions ou à l’emploi d’illustrations de manière à en faciliter la compréhension permettant une participation plus égale des femmes.

Les enquêtes présentent leurs limites, notamment lorsqu’il s’agit de la collecte de données sensibles au genre. Le nombre de questions pouvant être posées est limité (un questionnaire ne doit jamais prendre plus d’une heure à être complété). Plus important encore, ce type de données ne fournit aucune explication quant aux résultats. Donc, si seules des données quantitatives sont collectées, la compréhension des raisons expliquant l’existence d’inégalités entre les hommes et les femmes (pourquoi) et la manière de les aborder (comment) est difficile.

Ainsi, la collecte limitée aux seules données quantitatives ne suffit pas à comprendre pourquoi il existe des différences entre les exploitants de sexe masculin et les exploitants de sexe féminin. Comprendre le « pourquoi » nécessite donc la collecte de données qualitatives supplémentaires, comme des discussions de groupes de réflexion et des interviews semi-structurées.

La collecte de données qualitatives est mieux en mesure de répondre à la question ouverte « pourquoi » et à intégrer des enseignements issus des discussions et des dialogues. Il existe différents outils pour la collecte de données qualitatives, y compris des interviews semi-structurées, des discussions de groupes de réflexion et des observations des participants. Les données qualitatives devraient pouvoir expliquer ce qui se trouve derrière les faits et est également utile dans la communication d’histoires vers le monde extérieur.

Les discussions de groupe de réflexion constituent le support idéal pour obtenir des retours des participants d’un programme ou d’un projet et les membres du ménage quant à leurs expériences et leurs réflexions. Organiser des discussions de groupe de réflexion de manière sensible au genre nécessite de composer sciemment le groupe. Vous pouvez choisir de mener les discussions de groupe de réflexion au sein de groupes composés exclusivement de femmes ou d’hommes ou dans des groupes panachés.

La Composition d’un groupe dépend d’un certain nombre de facteurs parmi lesquels :

  • La société. Dans une société où les femmes et les hommes vivent séparément, les hommes et les femmes ne doivent pas être mélangés lors des discussions de groupes de réflexion.
  • Objectif. Si l’objectif consiste à faciliter les discussions et à sensibiliser les participants aux relations de genre, les groupes mélangés sont parfaitement adaptés. Si l’objectif consiste à créer un espace où il est possible de répondre en toute honnêteté, il est recommander de composer des groupes où hommes et femmes sont séparés.

Lorsque les participants sont sélectionnés, l’étape suivante consiste à informer les participants de l’objectif de l’exercice et de sa durée approximative. Durant les discussions de groupes de réflexion il convient de comprendre les dynamiques du groupe et d’éviter que certains participants dominent la discussion au dépend des autres. Le tableau 5.1 souligne que, dans les groupes constitués uniquement de femmes, certaines peuvent également accaparer les échanges.

Plusieurs outils différents sont disponibles, ceux-ci donnent des explications quant à l’organisation de discussions de groupe de réflexion, y compris comment appréhender les dynamiques de groupe.

Par exemple, CARE a élaboré plusieurs outils de facilitation qui aident les membres du groupe à adopter les points de vue d’autres personnes avant de porter un jugement. Consultez la page 28 (Combien d’yeux ? La valorisation des points de vue)

Des exemples de scénarios de discussions des groupes de réflexion se trouvent dans la gamme d’outils CAREsur les méthodes d’évaluation participative sensibles au genre. (page 162). La boîte à outils Genre et moyens de d’existence en milieu cacaoyer contient en outre des exemples pratiques de collecte de données qualitatives, par exemple comment effectuer une cartographie sociale.

Des exemples pratiques d’exercices de discussions de groupe de réflexion se trouvent dans la boîte à outils PADev (PADev signifie évaluation participative du développement), par exemple comment procéder à la collecte des données à estimer et évaluer un certain programme de manière participative.

La collecte de données qualitatives présente certaines limites : la qualité de telles données dépend largement du chercheur, et il existe un risque que les résultats soient subjectifs et tronqués (également d’une perspective de genre). Une autre limitation consiste à dire que la collecte des données qualitatives prend en général plus de temps et que des échantillons plus petits sont utilisés. Ceci complique la généralisation des résultats et l’élaboration de preuves fortes.

Les Méthodes panachées impliquent l’utilisation de méthodes multiples à la fois qualitatives et / ou quantitatives (triangulation). Par exemple, on pourrait procéder à la comparaison des résultats d’enquêtes, de groupes de réflexion et d’entretiens pour voir si l’on retrouve des résultats similaires. Différentes méthodes d’enquête peuvent également être utilisées en complément : une discussion de groupe de réflexion peut ainsi aider à établir des priorités parmi les résultats d’une enquête ou une analyse statistique permet d’étayer des anecdotes recueillies sur le terrain. La triangulation est une technique qui facilite la vérification croisée de données issues de deux collectes différentes ou plus.

Si l’on utilise à la fois une collecte des données quantitatives et une collecte de données de qualitatives, il convient de réfléchir à la meilleure manière et la meilleure période de mener une recherche qualitative. Par exemple, si vous avez l’intention de conduire une évaluation de base, il apparait logique de procéder tout d’abord à la collecte de données qualitatives pour comprendre les problématiques liées au genre dans le contexte de la recherche, par exemple en utilisant des interviews d’informateurs clés ou les discussions de groupe de réflexion. Un bref exercice qualitatif peut également contribuer à déterminer un groupe de contrôle. Lors d’une évaluation de base, la collecte de données qualitatives complète les données de l’enquête, en particulier sur les questions ouvertes (« pourquoi ») et également pour conformer les conclusions issues des données quantitatives.

Nous avons noté que chaque méthode de recherche présente des défis inhérents. La sensibilité au genre de chaque méthode dépend d’un certain nombre de facteurs. Le tableau qui suit explique ces facteurs pour les différentes méthodes de recherche et fournit des recommandations pratiques qui améliorent la sensibilité au genre

Tableau 5.1 : Les méthodes de recherche et les facteurs qui renforcent ou diminuent la sensibilité au genre

MéthodeFacteurs affectant la sensibilité Recommandations
Enquêtes de terrain (quantitatives)

Les enquêtes de terrain sont menées par des chercheurs qui rencontrent les personnes qu'ils souhaitent interroger pour leur enquête et leur posent les questions
Le niveau de sensibilité au genre est fonction des dynamiques propres au chercheur et au contexte. Le fait qu'il s'agit d'un enquêteur homme ou femme influe sur les réponses du participant, en particulier lorsque le sujet de l'enquête est lié au genre.
Lors d'un échantillonnage, on note habituellement un tendance biaisée consistant à interroger des participants qui sont plus importants ou plus aisément accessibles (par exemple le chef du foyer, qui habite pas loin des rues, qui est propriétaire terrien et donc étant considéré comme l'agriculteur). Ceci engendre souvent l'exclusion des groupes plus marginalisées, femmes incluses.
Dans les sociétés ou femmes et hommes vivent séparément, les interviews doivent être menées uniquement par des personnes du même sexe.

Assurez-vous que la méthode de sélection des participants n'excluent pas les femmes !
Observation du participant (qualitative)
Une chercheur (Observateur du participant ) étudie la vie d'un groupe en partageant ses activités
Dépend des compétences et de la précision de l'observateur, c'est-à-dire utilisent-il une loupe qui se focalise sur le genre ?
Les caractéristiques ou le sexe du chercheur peuvent influencer l'observation.
Un observateur se doit de savoir comment mener une analyse de genre afin de comprendre les dynamiques de genre existant parmi les différents participants (par exemple au sein du ménage).

L'observations est souvent plus inclusive que par exemple des interviews (par exemple lorsqu'un participant d'un ménage ou d'un groupe n'est pas sélectionné).
Interviews (qualitatives)
Les interviews sont moins structurées que les enquêtes. L'interviewer a la possibilité de sonder ou d'approfondir ou de poser des questions supplémentaires.
Comme lors des enquêtes, le genre ou d'autres caractéristiques de l'interviewer peuvent avoir des répercussions sur les réponses du participant.
Les interviews sont chronophages.
Employez-vous donc à faire intervenir un chercheur expérimenté du même sexe que le participant pour limiter les inexactitudes.
En comparant à la collecte des données quantitatives, la tenue d'une interview accorde une plus grande place aux questions ouvertes de type « pourquoi ». Ceci facilite la compréhension des problématiques liées au genre.
Discussions de groupe de réflexion (qualitatives)
On interroge un groupe de personnes au sujet de leurs perceptions, opinions, croyances et attitudes en lien avec un sujet donné. Les questions sont posées à l'intérieur d'un groupe interactif où les participants sont libres de parler avec les autres membres du groupe.
Lors de discussions de groupe, des problèmes de position dominante peuvent advenir. Les personnes confiantes ont ainsi tendance à monopoliser la parole tandis que les personnes moins affirmées risquent de ne pas être entendues. Dans les groupes de réflexion, les hommes s'expriment en général plus volontiers que les femmes. Toutefois, il convient de savoir que, dans des groupes constitués uniquement de femmes, certaines peuvent également accaparer les échanges.
Nécessité de créer un espace de sécurité et de confiance. Si la recherche aborde des sujets dits sensibles, la création de groupe composés uniquement de femmes permet de délimiter la création d'un espace de sécurité et de confiance.
Parfois, travailler avec des groupes composés uniquement de femmes permet de compenser la domination des hommes. Le facilitateur doit toutefois être sensibilisé à la domination de certaines femmes au sein de ces groupes.
Dans des groupes, il y a plus de place pour observer les dynamiques de groupe et l'interaction entre les femmes et les hommes.

Une plus grande place est ainsi créée pour les questions et discussions ouvertes (« pourquoi »).

 

[1] Basé sur une gamme d’outils pour l’intégration du genre dans l’enseignement supérieur en Afrique (2006). Association pour le développement de l’éducation en Afrique. Groupe de travail sur l’enseignement supérieur, Ghana.

Étape 1 : Définir les objectifs d'apprentissage

Point essentiel :

  • Avant de procéder à la collecte des données, il est important de déterminer les problématiques qui feront l’objet de la recherche et pourquoi cela est important. Comment la collecte de données ventilées par genre et l’analyse de genre contribueront aux objectifs des partenaires de mise en œuvre
  • Identifier la capacité de l’équipe de recherche à collecter et analyser les données sensibles au genre et à faire une analyse comparative entre les genres.

En l’absence d’un bon raisonnement dans la collecte de données, il est peu probable que l’effort se traduise par des stratégies et des interventions améliorées. En même temps sans objectif clair, il s’avère difficile de créer un engagement au sein d’une organisation afin de collecter des données non ventilées par genre et de mettre en place une capacité d’analyse. Il est également important de réfléchir à comment utiliser les données et pour quels publics.

Définir un objectif d’apprentissage consiste à déterminer sur quelles problématiques doit porter la recherche, les éléments sur lesquels vous souhaitez en savoir , et pourquoi cela est important. Les objectifs peuvent se fonder sur :

  • Un ensemble d’hypothèses et / ou de données existantes devant être validées ou contextualisées. Par exemple, les femmes d’Afrique de l’Ouest contribuent à la production de cacao de qualité, qu’en est-il des femmes d’Afrique de l’Est ?
  • Un manque de connaissances et des propositions pour combler ce manque par la collecte de données, permettront de contribuer aux objectifs fixés. Par exemple, quelle est la contribution des cultivateurs cacaoyers de sexe féminin à la production de qualité ? Quel type de structure de récompense répond aux besoins des femmes ?
  • La planification de certaines activités qui ont pour objectifs d’impliquer les femmes, par exemple que font les femmes en dehors de la production de cacao ? Quand et où ces activités ont-elles lieu ?
  • Le suivi et l’évaluation sensibles au genre (S&E) qui nécessitent un cadre de fonctionnement basé sur le genre (S&E). Par exemple, comment expliquer les impacts différents d’une intervention par un partenaire de mise de en œuvre ou des parties du programme CLP sur les exploitants cacaoyers de sexe masculin et féminin ?

Il n’est pas toujours nécessaire de procéder à une collecte de nouvelles données. Par exemple, nous disposons déjà de connaissances portant sur les relations de genre spécifiques et contextualisées qui sont pertinentes pour les pays d’Afrique de l’Ouest producteurs de cacao (voir Encadré 5.1 et Fact session dans la présente boîte à outils). Selon les objectifs, la collecte de données peut consister juste à une vérification ou une analyse de données existantes pour un contexte particulier. Les données existantes peuvent également constituer un point de départ menant à d’autres collectes de données, par exemple dans le cas d’autres données qualitatives visant à comprendre les résultats d’un ensemble de données quantitatives (voir Étape 2).

Encadré 5.1 : Les données sur les relations de genre dans l’agriculture et pertinentes pour les pays d’Afrique de l’Ouest producteurs de cacao

Relations de genre spécifiques au contexte

  • Les femmes ont souvent une responsabilité accrue au niveau de la production et la transformation alimentaires (agriculture de subsistance); tandis que les hommes sont plus impliqués au niveau de la production axée sur le marché (cultures de rente).

 

  • Même lorsque les hommes et les femmes travaillent ensemble dans la culture de rente, ce sont en général les hommes qui se chargent marketing et qui bénéficient plus des revenus liés.

 

  • Quand les femmes travaillent sur les marchés, leur responsabilité dans la cuisine et la charge de nourrir leur famille constitue un facteur important qui influence certaines préférences pour des pousses ou des variétés données. Par exemple, des variétés de légumes qui implique une mode de préparation donné.

 

  • Les hommes et les femmes jouent des rôles différents dans la gestion des ressources naturelles et les organisations au niveau local. Il convient d’en tenir compte lors de l’élaboration des programmes, des stratégies ou des activités basées sur un groupe et un marché.

 

  • Les responsabilités des femmes en matière de garde et de soin des enfants et le travail au foyer créent des contraintes de travail ce qui limite le temps disponible pour le travail agricole.

 

  • Dans de nombreuses zones rurales, les femmes sont de plus en plus impliquées dans tous types de productions et travaux d’agriculture. Ceci résulte de la migration des hommes et des stratégies de diversification des revenus.
  • Les contraintes de travail ainsi que d’autres différences au niveau de l’accès aux ressources affecteront la capacité des hommes et des femmes à profiter de différents types de technologies et d’innovations agricoles.

 

  • Les différences de genre au niveau de la répartition du travail dans une ferme peut occasionner des effets différents sur la santé des hommes et des femmes. Ceci est particulièrement problématique lorsque les femmes sont exposées aux pesticides et à d’autres produits agrochimiques qui accroissent la probabilité de problèmes de reproduction, de fausses couches et de malformations congénitales. Des données provenant des plantations indiquent que les travailleuses sont souvent moins bien préparées et formées que les travailleurs lorsqu’elles travaillent en contact avec des produits agrochimiques.

Source : IFPRI 2011

Si l’utilisateur de cet outil n’est pas certain de la capacité de l’équipe de recherche à intégrer le genre dans les objectifs d’apprentissage, il peut utiliser l’outil d’évaluation de capacité du genre disponible dans la boîte à outils.

Cas