Au sujet de cet outil

Cet outil concerne la mise en place de jardins d’école autour des écoles primaires et secondaires des communautés cacaoyères. La mise en place de jardins d’école permet de :

  • Lutter contre la malnutrition, en particulier touchant les écoliers de la communauté.
  • Servir de cadre pour l’apprentissage par l’expérience dans les écoles du primaire et du secondaire, renforçant ainsi l’utilité de l’école dans un contexte rural.
  • Accroître le taux de scolarisation et le taux d’achèvement de la scolarité.

Cet outil doit être compris dans un contexte visant l’amélioration de l’enseignement, de la production de cacao et de la nourriture.

QUAND UTILISER CET OUTIL ?

  • Lorsque vous souhaitez lutter contre la malnutrition chez les enfants et, indirectement, chez les parents, enseignants et autres membres de la communauté
  • Lorsque vous souhaitez sensibiliser plus à l’importance de la nutrition
  • Lorsque vous souhaitez améliorer la qualité de l’enseignement (à la fois au niveau du contenu des enseignements et des méthodes pédagogiques), pour que celui-ci ait plus de sens dans les communautés cacaoyères
  • Lorsque vous souhaitez investir dans les générations futures de cultivateurs de cacao
  • Lorsque vous souhaitez impliquer le secteur privé dans un développement communautaire à long terme et une amélioration des écoles

LA GENÈSE DE CET OUTIL

Cet outil est basé sur les expériences de AgroEco/Louis Bolk Institute (LBI) au Ghana, organisme qui a mis en place 10 jardins d’école dans des districts de culture cacaoyère. Ceci nous montre les étapes suivies, les défis rencontrés et illustre comment ce modèle peut être répété dans d’autres pays.

ÉTAPES À SUIVRE DANS L’UTILISATION DE CET OUTIL

Introduction

Étape 1 : Identification des protagonistes clés

Étape 2 : Analyse des protagonistes clés

Étape 3 : Définition du type de jardin à mettre en place

Étape 4 : Élaboration du jardin d’école

Étape 5 : Gestion du jardin

Étape 6 : Élaboration d’un programme de jardin d’école

RESOURCES

Agro Eco LBI (2011). Organic Junior Farmer Field and Life School; Facilitator’s Manual (116p)

Bryson, J. (1995) Strategic Planning for Public and Nonprofit Organizations (rev. edn), San Francisco, CA: Jossey- Bass.

Centre for Ecoliteracy (2007). Getting started; a guide for creating school gardens as outdoor class rooms

FAO (2004). School gardens concept note; Improving child nutrition and education through the promotion of school garden programmes.

FAO (2005). Setting up and running a school garden; a manual for teachers, parents and communities.

FAO (2010). A new deal for school gardens.

USAid, African Education Initiative (2008). Teacher’s Guide to School Gardens Rwanda. First edition

USDA FAS/BMGF (2009). Assessment of Local Production for Schoolfeeding in Ghana, Kenya, Mali and Rwanda.

Introduction

Points essentiels :

  • Grâce aux jardins d’école, la nutrition et la qualité de l’enseignement peuvent s’améliorer et le taux de scolarisation peut s’accroître lui aussi
  • L’engagement local et une tierce partie engagée sur le long terme dans la communauté sont les conditions nécessaires pour réussir. Les jardins d’école constituent un point d’entrée facile pour que l’industrie coopère avec la communauté d’une manière qui profite aux deux parties.

POURQUOI CET OUTIL ?

Plusieurs raisons font que les jardins d’école peuvent être établis dans le cadre d’un programme de développement de communauté cacaoyère :

Amélioration de l’état nutritionnel des enfants des communautés cacaoyères.

  • Les jardins d’école peuvent produire des légumes et d’autres cultures nutritives pour les repas scolaires. Sur le long terme, ceci répond aux problématiques de malnutrition et de retard de croissance des élèves. À court terme, un meilleur régime alimentaire accroît les capacités d’apprentissage des élèves.
  • Les enfants et les parents sont impliqués dans le jardin d’école et dans la production alimentaire. Les leçons apprises peuvent donc être appliquées à la maison et des jardins potagers peuvent être mis en place.

Au Ghana, la raison principale motivant l’établissement de jardins d’école est l’amélioration de la faible qualité des repas scolaires servis aux enfants.

Selon les expériences au Ghana, les parents sont enthousiastes et appliquent les leçons apprises à la maison.

Amélioration de la scolarisation et de la qualité de l’enseignement :

Un repas scolaire de bonne qualité motive les parents à scolariser leurs enfants, augmentant la scolarisation et la fréquentation scolaire.

Le jardin d’école offre un environnement d’apprentissage par l’expérience. Les enfants observent, apprennent et mettent en pratique ce qu’on leur enseigne. Ces compétences élémentaires forment une partie importante du programme d’enseignement.

Rendre l’éducation plus utile à la population rurale ou aux futurs agriculteurs :

Les enfants apprennent les compétences élémentaires nécessaires à l’agriculture. L’enseignement agricole est rare dans les villages cacaoyers et, s’il y en à un, celui-ci reste très théorique.

Les enfants apprennent sur les aliments, la nutrition et la santé ; cela d’une manière participative basé sur l’expérience.

QUAND METTRE EN PLACE DES JARDINGS D’ÉCOLE ?

Les écoles en milieu rural d’Afrique de l’Ouest sont souvent sous-financées, surpeuplées et en sous-effectif. L’absence d’équipe motivée et de repas scolaires (nutritifs) constituent quelques uns des défis auxquelles sont confrontées les écoles en milieu rural.

La qualité de l’enseignement, la scolarisation et l’assiduité relèvent de la responsabilité des autorités locales et nationales. Si l’industrie du cacao s’intéresse à l’amélioration des écoles dans les communautés cacaoyères, la création de jardins d’école peut constituer un bon point de départ. Les écoles profiteront d’investissements accrus de l’industrie tandis que l’industrie profitera à son tour à long terme des écoles et du type d’enseignement qui y est dispensé aux élèves. Les parents accordent de l’importance à l’enseignement ; ils apprécieront l’attention donnée par l’industrie du cacao. Cela augmentera leur loyauté envers l’acheteur de la fève.

Au Ghana, dix jardins d’école ont été mis en place dans un projet réalisé avec une ONG internationale, une ONG locale et le Ministère de l’alimentation et de l’agriculture du Ghana (MOFA). Quatre ans plus tard, seuls quatre des dix jardins existent encore.

La réussite d’un jardin d’école dépend de la présence continue d’un responsable engagé et influent (par exemple un directeur d’école, un enseignant ou un agent de vulgarisation disposé à mener le projet). La disparition des autres jardins a eu lieu dès le départ des principaux appuis du projet.

Important à retenir

Voici donc plusieurs défis potentiels devant être pris en compte dans le cadre d’un projet de jardin d’école.

Pour que le projet de jardin d’école soit durable, il faut obligatoirement un engagement local soutenu par une tierce partie qui s’engage sur le long terme vis-à-vis de la communauté.

Les expériences décrites dans cet outil ne sauraient être appliquées automatiquement à n’importe quel autre contexte. Gardez toujours à l’esprit la situation locale lorsque vous lisez sur cet outil ou lorsque vous l’utilisez

Exemples de défis inhérents aux jardins d’école :

Une fois le financement fini, le jardin d’école fut abandonné.

Les intrants du jardin d’école furent utilisés pour les jardins privés des professeurs ou alors les jardins furent considérés comme propriété privée

Les enfants travaillaient dans les jardins pendant les heures de cours.

 

Appendice

Appendice – Directives, analyse des parties prenantes et entretiens

Étape 6 : Élaboration du programme

Points essentiels :

  • Le programme établi pour le jardin doit correspondre à la taille, à l’objectif et à l’engagement des différents protagonistes clés.
  • L’élaboration du programme nécessite l’implication des enseignants.
    Il est suggéré de n’opérer aucune distinction des tâches entre filles et garçons au sein des jardins d’école.

LE PROGRAMME

Le programme établi pour le jardin d’école doit correspondre à la taille, à l’objectif et à l’engagement des différents protagonistes clés. Lors des étapes initiales, le jardin pourrait être utilisé pour des cours et leçons existants comme la biologie. Ces cours pourraient même se poursuivre après le début des cours de jardinage. Les leçons de jardinage à l’école devraient se concentrer sur :

  • L’apprentissage par l’expérience (l’apprentissage par la pratique et la réflexion sur l’apprentissage)
  • Apprentissage de cultures vivrières et de leur croissance
  • Apprentissage de la nutrition et des aliments sains
  • Hygiène, production et préparations des aliments
  • Compétences élémentaires comme le travail en équipe, la responsabilité d’une partie du jardin, processus décisionnel etc.

Au Ghana, un manuel a été élaboré pour les jardins d’école. Celui-ci comprenait à la fois des sujets agricoles et des compétences élémentaires (par exemple, comparaison du processus de protection des pousses et des humains contre les maladies). Des liens vers la nutrition, la santé et l’hygiène furent établis dans le programme et le travail de jardinage faisait lui-même partie de l’apprentissage des compétences élémentaires.

Le programme du Ghana est disponible en anglais et en français. Si vous êtes intéressé par ce programme, vous pouvez contacter :  B.vanElzakker@Louisbolk.org

FORMATION DES ENSEIGNANTS

L’élaboration du programme nécessite l’implication des enseignants. Pour la plupart des enseignants, l’apprentissage par l’expérience sera très différent des méthodes éducatives traditionnelles. Outre la formation sur le contenu, les enseignants ont aussi besoin d’une formation sur les différents types de facilitations et sur les compétences éducatives pratiques.

 

GENRE ET ENSEIGNEMENT

Le travail dans la ferme de cacao est souvent sexospécifique, les femmes et les hommes ayant des tâches séparées. Il est suggéré de n’opérer aucune différentiation de tâches entre les filles et les garçons dans les jardins d’école. Les enfants devraient travailler dans de petits groupes mixtes et s’essayer à toutes les tâches. Le travail devrait être réparti de manière égale entre les garçons et les filles pour qu’ils profitent, de manière égale, de leurs récoltes.

 

RÉSUMÉ PRATIQUE DU JARDIN D’ÉCOLE

Le Tableau 3 résume le processus de mise en place du jardin d’école.

Tableau 3 : Le jardin d’école en résumé

Coûts / ressources / activités pour mettre en place le jardinParties impliquées / responsablesConditions préalables au processus de mise en place
Pays Idéalement, les autorités locales mettent gracieusement des terres de la communauté à la disposition de l'école.Rencontres avec les autorités locales pour choisir une parcelle et pour définir, le cas échéant, les conditions de location.
Mise en place et entretien du jardin (en plus de l'école et des enfants)Parents et comités de parents d'élèvesParents et comités de parents d'élèves Susciter l'engagement des parents et créer des opportunités d'apprentissage pour qu'eux aux bénéficient du jardin.
Les voisins du jardin d'école. Susciter l'engagement pour qu'ils surveillent le jardin en dehors des heures de classe. Pour un engagement accru, s'assurer qu'ils bénéficient du jardin.
Équipement / outilsLes écoles achètent l'équipement grâce aux recettes des ventes. Si celles-ci ne suffisent pas, l'équipement peut être acheté par le conseil d'école ou donné par un acheteur agréé.
GrainesLes fournisseurs locaux de graines peuvent les fournir gracieusement, dans le cadre de leur programme RSE (voir le jardin comme site de démo). Au Ghana, il s'agit des fournisseurs agréés.Créer des liens avec les fournisseurs de graines et d'autres intrants. Dans d'autres pays, ce seront les coopératives qui pourraient jouer un rôle à ce niveau.
Matériaux d'emballageLes écoles achètent les matériaux grâce aux recettes des ventes. Si celles-ci ne suffisent pas, l'équipement peut être acheté par le conseil d'école ou par des subventions de parents.
Durabilité du jardinMener une analyse adéquate des protagonistes clés pour garantir un soutien du jardin sur le long terme par les protagonistes critiques.Une tierce partie comme les négociants du cacao et / ou les acheteurs agréés (cas du Ghana) devrait également être impliquée.

 

EXEMPLE DE BUDGET

Le budget ci-dessous provient du programme au Ghana. Il comprend 10 jardins d’école dans une zone cacaoyère et consiste en un projet sur trois ans. Ce projet a été mis en place par une ONG internationale, une ONG locale ainsi que le MOFA.

Les principaux coûts concernent le développement du programme éducatif et la formation des enseignants. Dans la plupart des cas, comme les enseignants auront peu de connaissance des légumes qui sont plantés, la formation est essentielle. La formation au Ghana a été dispensée en six sessions de groupe la première année, avec deux enseignants par école dans le programme. La seconde année, deux sessions supplémentaires ont été organisées.

Les investissements de départ sont relativement élevés. Pour une efficacité maximale, des visites d’échanges doivent être organisées pour un apprentissage partagé. Ces échanges ont prouvé leur grande efficacité.

Le budget suivant couvre les frais au Ghana des activités de l’outil. Le budget par jardin d’école est d’environ 12 600 US$

Tableau 4 : Exemple de budget pour la mise en place de 10 jardins d’école maximum (en US$)

 1ère année2e année3e annéeTotal
Programme /travail en groupe19,31011,6256,000
Visites de formation8,96012,9606,000
Investissements / Matériaux10,15010,1501,000
Coordination / S&E13,36010,21010,210
Divers2,5892,2471,161
Total54,36947,19224,371125,932

Sur le long terme, on suppose que le jardin d’école se financera par les ventes de légumes à la cantine scolaire ou aux vendeurs de nourriture. Cependant, le soutien financier et l’implication continus des acheteurs de cacao ou d’autres acteurs locaux comme les ONG étaient encore nécessaires et les jardins n’étaient pas encore entièrement autonomes.


CAPACITÉS NÉCESSAIRES 

Les différentes étapes nécessaires à la mise en place d’un jardin d’école nécessitent non seulement certaines capacités mais aussi la légitimité d’action et l’engagement des protagonistes clés.

Tableau 5 : Capacités nécessaires à la mise en place d’un jardin d’école

Capacités nécessaires Suggestions dans la manière d'aborder cela
Techniques d'interview du protagonisteUne organisation partenaire locale serait la mieux placer pour mener ce type d'interviews.
Capacités d'interview protagonisteUne organisation partenaire locale est la mieux placée pour mener le premier type d'analyse ; ceci pouvant ensuite être discuté au sein de la société.
Capacité à traduire les résultats des interviews en actions concrètesUne autre tierce partie expérimentée dans le domaine des jardins d'école pourrait être contactée afin de travailler sur cela.
Légitimité de la société à travailler directement avec l'écoleLa société doit savoir si l'école est ouverte ou pas au projet de jardin d'école.
Engagement des enseignants et du directeurTrouver des incitations adaptées, en particulier sur le long terme.

Étape 5 : Gestion du jardin

Points essentiels :
L’implication des parents et voisins est essentielle à la durabilité du jardin d’école.

Les parents et les voisins doivent être impliqués dans la gestion et l’entretien du jardin. L’implication des parents améliore la durabilité des jardins. Lorsque les parents sont chargés de mettre en place les jardins et de les entretenir, la continuité est meilleure. Les voisins peuvent garder un œil sur le jardin en dehors des heures de classe. Cependant au Ghana, en l’absence d’avantages évidents, les voisins et parents ne souhaitaient pas continuer à fournir leur aide une fois l’aspect nouveauté du jardin disparu.

Quelques exemples d’activités où les parents peuvent s’impliquer :

  • Mise en place du jardin Cela inclut le travail très pratique tel l’aménagement des parterres ou jardins en trou de serrure ou la construction de la clôture du jardin.
  • La culture des légumes et leur arrosage régulier, y compris hors des heures de classe. Dans un premier temps et pendant les premières années, un certain nombre de parents pourraient être conviés à participer aux formations destinées aux enseignants. Là où l’intérêt se fait sentir, les formateurs peuvent également dispenser, sur une base régulière, des cours de la « Farmer Field School », l’école d’agriculture de terrain.
  • Formation de nouveaux enseignants (et d’autres personnes intéressées de la communauté) sur la production de légumes. Cela ne concerne pas tous les parents, mais ceux qui disposent des connaissances peuvent contribuer. Dans certains cas, ceci a suscité l’émergence de « Clubs de jardinage parascolaires », ou ce que certains aiment appeler les écoles d’agriculture de terrain. Il peut s’agir de rencontres spontanées ou alors de clubs plus formels avec des rencontres plus régulières. Ceci permet non seulement d’accroître la popularité de l’école et de son jardin mais aussi d’encourager les participants à appliquer à la maison certaines leçons apprises.

Au Ghana, les parents, par leurs propres expériences et les histoires des enfants ont été de plus en plus impliqués dans les potagers à la maison. Des familles se sont mises à cultiver des légumes pour l’école (gagnant ainsi un paiement minimum par le conseil d’école) ; d’autres se mirent à vendre plus sur le marché local, et certaines devinrent fournisseurs des restaurants des environs.

Étape 4 : Mise en place du jardin d'école

Points essentiels :
L’emplacement et la taille de la parcelle, les installations, la préparation et la plantation sont les principaux aspects à prendre en compte lors de la mise en place du jardin d’école.

Il convient de garder à l’esprit certaines problématiques lors de la mise en place d’un jardin d’école. Vous trouverez ci-après des exemples d’éléments à prendre en compte lors de la mise en place du jardin d’école.

Emplacement et taille

  • Idéalement, le jardin d’école devrait se situer dans l’école ou dans les environs, ceci pour que les enfants n’aient pas à marcher longtemps pour y accéder. La terre est souvent le principal problème des écoles car la propriété foncière est une notion complexe. De nombreuses écoles ne disposent pas d’assez d’espace pour aménager un jardin. C’est aussi pour cette raison qu’il est primordial de contacter les dirigeants locaux. Ils peuvent jouer un rôle déterminant en octroyant des terres proches de l’école au jardin.
  • Le taille minimale pour aménager un jardin d’école est 50 mètres carrés. Cependant, une taille allant jusque 1000 mètres carrés est plus adaptée aux exigences de l’école. Le jardin d’école peut se composer de quelques parterres où les enfants font pousser quelques légumes ou fonctionner plus sur le mode d’une ferme pédagogique où toutes les classes travaillent et apprennent sur une base régulière.
  • Le jardin devrait être légèrement incliné pour faciliter l’irrigation et pour éviter l’eau stagnante après de fortes pluies.

 

Installations

  • Des installations sanitaires, toilettes et système de drainage adaptés doivent être présentes selon la taille et l’emplacement du jardin.
  • Il faut qu’il y ait de l’eau pour l’arrosage des plantes, le nettoyage des légumes, le lavage des mains après le jardinage, le passage aux toilettes et avant le déjeuner. Cependant, creuser un puits peut se révéler coûteux, au Ghana les prix varient entre 3 000 et 7 000 dollars américains.
  • Le jardin doit, de préférence, être entouré d’une clôture pour éloigner les animaux. Une clôture vivante constitue une barrière à la fois efficace et peu coûteuse. Puisque la clôture vivante coûte en main d’œuvre plutôt qu’en argent, la contribution des parents / familles est essentielle.


Comment préparer la parcelle ?

  • Il est possible de faire pousser des légumes dans la terre, dans des parterres surélevés ou dans des jardins en trou de serrure. Leur construction nécessite un travail pénible réservé en principe aux parents.


Plantation

  • Un budget graine est nécessaire pour acheter un stock initial de graines. Les écoles devraient choisir des variétés à pollinisation ouverte pour des raisons financières, leur évitant ainsi d’avoir à acheter des semences (hybrides) chaque année. Il conviendra de disposer d’outils pour creuser, biner, arroser et désherber tout en sachant que les enfants ne doivent pas manipuler d’outils lourds ou tranchants.
  • Certains arbres fruitiers, comme le papayer, peuvent être plantés dans le jardin, parce qu’ils ne donnent pas beaucoup d’ombre. Il est conseillé de planter les autres arbres (par exemple le manguier or l’avocatier) en dehors du jardin ou en bordure de celui-ci.
  • Le jardin doit être surveillé sur une base régulière, idéalement par un gardien. Compte tenu que le jardin doit avoir valeur d’exemple pour les enfants, il doit être propre. Les équipements doivent être rangés dans un endroit fermé à clé, les barrières fermées et les plantes arrosées durant le week-end etc.

 

Étape 3 : Définition du type de jardin à établir

Points essentiels :
Tous les protagonistes peuvent décider conjointement du type de jardin à élaborer. La sélection des cultures peut être faite avec l’aide des agents de vulgarisation locaux. Il est possible de mettre en place un système de culture intégrant les modes de culture, la saisonnalité, les intrants nécessaires et la valeur nutritive.

Selon l’espace disponible et l’ambition de l’école et des autres protagonistes clés, une sélection du type de jardin peut être faite en fonction de la taille et du degré d’effort nécessaire. Voici des exemples de choix possibles :

  • Jardin potager petite échelle, avec, par exemple, des jardins « en trou de serrure ». Cela signifie que le jardin reste petit. Les pratiques mises en place au niveau du potager de l’école peuvent être reproduites à la maison.
  • Culture mixte de différents légumes (permaculture) à l’aide de vieux pneus de voiture. Ceci permet d’apprendre à différents niveaux sur les différents types de cultures.
  • La culture de légumes sur des parterres surélevés avec une variété de légume par parterre. Il s’agit là d’une gestion plus commerciale du jardin d’école. Les produits en surplus de ce jardin peuvent être vendus si nécessaire.

Une condition préalable aux trois options est de choisir des légumes nutritifs à cultiver. Soixante pour cent des enfants des communautés cacaoyères présentent un retard de croissance. Ils consomment suffisamment de glucides mais trop peu de protéines animales, de fruits et de légumes. Les jardins d’écoles peuvent permettre d’améliorer la qualité nutritionnelle des repas scolaires. Le choix des légumes à faire pousser dans un jardin doit donc être fait en fonction de leur valeur nutritionnelle. L’application à la maison des pratiques apprises à l’école permet d’attendre un impact accru. Les aspects tels que l’hygiène, les habitudes alimentaires et l’assainissement déterminent également la quantité de vitamines et de minéraux absorbés. C’est pourquoi le programme jardin d’école inclut des leçons portant sur des compétences élémentaires.

Il est possible d’élaborer des listes de cultures nutritives avec l’aide des agents de vulgarisation locaux. Il est possible de mettre en place un système de culture en se basant sur les modes de culture, la saisonnalité, les intrants nécessaires et la valeur nutritive.

Tableau 2 : Tableau permettant l’élaboration d’un schéma de culture

Type de culture / fruitValeur nutritive Quand pousse-t-elle / il ? Quand produit-elle / il ? Quels sont les intrants nécessaires ?
........
........
........

Quelques points importants :

  • Pour la sécurité des enfants, l’utilisation de produits chimiques est déconseillée. Lorsque de bonnes pratiques agricoles sont utilisées, il est possible de cultiver des légumes sans pesticides chimiques.
  • L’implication des enseignants et des parents est essentielle. Il arrive que des enseignants gèrent aussi des enseignes de pesticides et profitent de l’occasion pour vendre leurs propres pesticides dans le jardin d’école. Pour éviter tout conflit d’intérêts, évitez l’utilisation de pesticides
  • Le système de culture doit tenir compte du calendrier scolaire, des vacances et autres festivités, rendant toute récolte difficile.

 

Étape 2 : Analyse des protagonistes

Points essentiels :

  • Les interviews des informateurs clés (notées KII) constituent un moyen simple et qualitatif de mener une analyse des protagonistes.
  • Les résultats des KII peuvent être utilisés pour cartographier les intérêts des protagonistes.
  • Il est possible d’utiliser la matrice Bryson pour établir les priorités des protagonistes clés et analyser la puissance ou l’influence de chaque groupe de protagonistes.

Une manière simple de conduire une analyse des protagonistes clés consiste à mener des Interviews d’informateurs clés (notées KII) avec les représentants des groupes de protagonistes qui ont été identifiés (voir ressources : Comment mener des KII).

Les questions fil rouge des interviews des protagonistes clés sont les suivantes :

  • Quel est votre rôle par rapport à l’école ? Que pensez-vous de l’école et de son fonctionnement ?
  • Comment influencez-vous certains aspects précis de l’école ? (par exemple : allocation des ressources, élaboration et mise en œuvre des politiques en matière d’éducation).
  • Que pensez-vous d’un projet de jardin d’école ? S’agit-il d’un projet qui vous intéresse ? Souhaiteriez-vous en faire partie et, le cas échéant, sous quelle forme ?
  • Quels sont les autres acteurs qui, selon vous, peuvent contribuer au projet jardin d’école ? Et pourquoi ces facteurs-là?
  • Quel est le lien entre les différents acteurs ? Qui sont ceux à qui vous faites confiance et ceux à qui vous n’avez pas confiance.

Étapes importantes pour guider votre analyse des protagonistes clés (consulter l’Annexe pour de plus amples informations) :

  1. Comprendre la situation de l’école dans son contexte
  2. Comprendre les liens existant entre les écoles, les parents et les enfants
  3. Comprendre le rôle des dirigeants locaux
  4. Comprend le lien entre le secteur privé et les écoles (dans le cas du Ghana : Les acheteurs agréés
  5. Comprendre le rôle des ONG
  6. Comprendre le rôle que les ministères nationaux peuvent et souhaitent jouer

Le MOFA ou Ministère de l’alimentation et de l’agriculture du Ghana ainsi que le Ministère de l’éducation ont été impliqués dans les projets de jardins d’école au Ghana. Les agents de vulgarisation du MOFA ont travaillé avec les écoles afin d’élaborer les jardins et de fournir aux enseignants une formation horticole. Au début, certaines difficultés ont été notées avec les agents de vulgarisation ; en effet, ceux-ci n’étaient pas habitués à fournir des services de vulgarisation à des enfants. Habituellement, les agents de vulgarisation font la promotion de produits agrochimiques inadaptés aux enfants. Il existe cependant au Ghana des exemple d’agents de vulgarisation impliqués qui ont été capables de s’adapter à ces projets spécifiques.

Après les interviews, les observations peuvent être incluses dans un tableau semblable à celui ci-dessous.

Tableau 1 : Tableau identifiant les différents intérêts des groupes de protagonistes

Groupe de protagonistes     
Impact sur / intérêt pour
Politiques scolairesAllocation des financementsContenu des leçonsJardin d'écoleEtc.
Enseignants ..........
Parents..........
Etc.

Une fois les intérêts des protagonistes clés identifiés, ceux-ci peuvent être classés par ordre de priorité. Pour cela, de nombreuses méthodologies sont disponibles. Une approche courante consiste à cartographier les intérêts de chaque groupe de protagonistes clés sur un quadrant semblable à celui ci-dessous. Cela peut permettre d’indiquer avec qui travailler et comment faire du projet un succès.

Bryson table - French

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Bryson, 1995)

 

Un jardin d’école nécessite au minimum l’implication de deux enseignants. Les enseignants sont souvent situés dans le quart supérieur gauche du quadrant. Il est cependant essentiel de les déplacer vers la partie supérieure droite du quadrant ; la stratégie dans ce but doit être établie en fonction du contexte particulier.

PLANIFIER ET IMPLIQUER

Après l’analyse des protagonistes clés, l’étape suivante consiste à définir la stratégie d’implication des différents protagonistes. Certains seront directement impliqués tandis que d’autres ne sont nécessaires que pour leur soutien.

Au Ghana, les jardins d’école étaient souvent liés au programme national d’alimentation scolaire. Le programme national créé des cantines scolaires ou travaille avec un traiteur pour l’approvisionnement local ; par conséquent il comptait sur les légumes du jardin d’école pour les repas scolaires.

 

Étape 1 : Définir les protagonistes clés

Points essentiels :

  • Débuter par la cartographie et l’analyse des protagonistes clés.
  • L’engagement de plusieurs protagonistes clés ainsi que leur visibilité dans la communauté sont importants. L’appropriation au niveau local est cruciale. Impliquez les parents dans la gestion et l’entretien du jardin pour renforcer la continuité

À l’école et dans les environs, de nombreux acteurs différents jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement et l’évolution de l’école. Voici quelques exemples de protagonistes clés : professeurs, parents, organisations locales, églises, entreprises et ONG locales.

Avant d’établir un jardin, il convient de procéder à une cartographie et une analyse minutieuse des protagonistes. Ceci permet en effet de susciter une appropriation locale, de consolider un engagement et de définir les rôles et les responsabilités.

Les protagonistes clés suivants avaient été identifiés dans les jardins d’école du Ghana :

·        Les professeurs

·        Le directeur d’école

·        Le conseil d’école

·        Les comités de parents de l’école

·        Les parents d’élèves de l’école

·        Les enfants fréquentant l’école

·        Les dirigeants locaux

·        Les acheteurs agréés

·        Les organisations non gouvernementales

·        Le Ministère de l’agriculture

·        Le Ministère de la santé

·        Le Ministère de l’éducation

·        Les personnes de la communauté

·        Notamment celles qui habitent aux environs du jardin

 

Lorsque les acteurs locaux jouent un rôle important, le projet sera plus durable et cette participation sera un vecteur de clarté et de transparence autour des droits d’utilisateur et des problématiques de propriété.

Un protagoniste est une personne qui peut affecter ou être affectée par une stratégie ou un projet. Selon certaines définitions, les protagonistes semblent être les personnes qui ont le pouvoir d’influencer un projet d’une manière ou d’une autre.

Une séance de Brainstorming est la manière idéale d’identifier les protagonistes. Réunir autour d’une table un groupe de personnes qui connait le contexte vous permettra d’identifier l’ensemble des noms, sociétés ou types de protagonistes présents.

Liste des protagonistes : Des listes génériques constituent un bon point de départ pour identifier les protagonistes envisageables.

Certains acteurs locaux seront être plus qu’enchantés de voir de nouvelles initiatives touchant l’école de leur village, tandis que d’autres non. Les initiatives provenant du secteur privé sont parfois ressenties comme menaçantes.

Par exemple : Un directeur d’école a peut-être des difficultés à joindre les deux bouts. Il essaie depuis un certain temps d’économiser pour faire construire des sanitaires. Il se peut qu’il ne soit pas ravi de voir arriver un riche sponsor qui prend à sa charge d’autres dépenses sans comprendre ses priorités.

L’argent est synonyme de puissance de décision.  Pour que le programme soit une réussite, les différents protagonistes doivent travailler ensemble. Il est donc essentiel de comprendre les priorités des protagonistes.

Cas