Au sujet de cet outil

Une analyse de situation permet de comprendre les facteurs qui modulent l’élaboration du programme et sa mise en œuvre ainsi que les situations des bénéficiaires visés. Cette analyse se penche sur les défis auxquels les gens sont confrontés et comment les aborder, contribuant ainsi à identifier des stratégies et des interventions adaptées et comment procéder au suivi du progrès.

QUAND UTILISER CET OUTIL ?

  • Lors de la planification d’un programme lié au genre dans les communautés cacaoyères
  • Lors d’un examen du lien entre le développement communautaire, les problématiques liées au genre et la production de cacao
  • Pour déterminer si les problématiques liées au genre sont abordées dans le cadre d’un programme
  • Lorsque l’on essaie d’aborder des problématiques liées au genre dans les communautés cacaoyères

Les exemples dans ce cas illustrent comment l’outil peut permettre d’améliorer les conditions des enfants (notamment les filles), d’augmenter la fréquentation scolaire et l’obtention d’un diplôme et pour éviter le travail des enfants.

Encadré 1 : Étapes à suivre pour utiliser cet outil

Étape 1 : Étude de bureau

  • Examen des données, preuves et recherche existantes.

Étape 2 : Travail de terrain

  • Cartographie
  • Entretiens avec les informateurs clés
  • Discussions groupe de réflexion

Étape 3 : Analyse des données

  • Codage
  • Comparaison

Étape 4 : Formulation de recommandations

  • Recommandations
  • Validation
  • Suivi

Étape 5 : Synthèse et partage des résultats


La genèse de cet outil

Cet outil est basé sur une analyse de situation qui fut menée dans le cadre d’un programme éducatif en Côte d’Ivoire et visant à mieux comprendre les différences d’accès à l’école et de scolarisation entre les garçons et les filles. Il s’agit du programme SAGE²S « Specific Age-Group Education & Empowerment System Program  »[programme système d’éducation et d’autonomisation spécifique par tranche d’âge] conçu et mis en œuvre par le consortium ADM/WCF/IECD/KIT. Les différentes étapes de l’outil sont illustrées à l’aide d’exemples issus de cette étude.[1] Des informations détaillées sur SAGE²S figurent en Annexe.

[1] Le rapport complet de l’analyse de situation sera prochainement disponible en téléchargement à partir du site Web de WCF. Si vous souhaitez dès à présent obtenir une copie électronique, vous pouvez contacter a.laven@kit.nl, n.verhart@kit.nl

Introduction

Une analyse de situation centrée sur le genre

Une société a fourni une nouvelle pompe à eau dans un village d’Afrique de l’Ouest. L’excitation était générale Les femmes allaient gagner beaucoup de temps et d’énergie car elles ne devraient plus porter l’eau vers leur maison. L’eau de la pompe était suffisamment propre pour être potable sans avoir à la chauffer. La pompe n’était cependant pas utilisée par la communauté. Qu’est-ce-qui n’a pas fonctionné ?

Il s’agit d’un exemple à la fois classique et simple. Les femmes n’ont pas utilisé la pompe à eau parce que celle-ci se situait en plein centre du village, à la vue de tous. Puisqu’elles utilisaient également l’eau pour se laver, elles ont continué à aller chercher l’eau à l’endroit d’origine, la rivière. En plus de cela, les marches vers la rivière faisaient partie de leur routine journalière, elles y échangeaient les dernières nouvelles avec le voisinage. En résumé, cela démontre comment les programmes peuvent ne pas fonctionner lorsque l’on ne dispose pas d’une meilleure connaissance de la situation locale, des pratiques, des comportements, des besoins et des idées.

Cet outil nous montre comment nous pouvons mieux comprendre le contexte local par le biais d’une perspective sexospécifique en procédant à une analyse de situation selon le genre. Cela illustre clairement comment les relations locales entre les genres peuvent potentiellement influencer les résultats des interventions.

Les principaux piliers d’une analyse de situation centrée sur le genre

Le genre est intégré dans l’analyse, du début jusqu’à la fin.

  • Une perspective selon les genres permet une analyse qui considère les personnes comme des catalyseurs actifs de changement (voir en Annexe les informations supplémentaires relatives à la structure utilisée).

Données et recherche

  • Une analyse de situation est une analyse principalement qualitative visant à mieux faire comprendre le contexte et examiner les expériences et perceptions des différents intervenants de la communauté.
  • L’association de plusieurs méthodes de recherche permet une triangulation des différentes sources de données afin d’approfondir l’analyse.

Participation et appropriation

  • L’appropriation et la participation au niveau local sont des facteurs clés de l’analyse de situation, elles permettent de bâtir un consensus sur les résultats.
  • Les protagonistes clés incluent souvent : les partenaires publics de la collectivité ; les dirigeants locaux ; les coopératives ; les entreprises d’achat et de vente de cacao ; les fournisseurs de services dans l’agriculture ; les enseignants et étudiants ; les hommes et les femmes qui travaillent dans le cacao ; les parents d’enfants scolarisés ainsi que les groupes exclus des services élémentaires tels que l’éducation.

 

Figure 1 : Comment une analyse de situation au niveau de la communauté peut moduler des interventions à d’autres niveaux.

 

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Dans le cas de SAGE²S, une perspective sexospécifique a permis de clarifier les obstacles auxquels sont confrontés les garçons et les filles au niveau de la scolarisation. Pourquoi les autorités locales, les enseignants et les parents ne parviennent pas à offrir aux garçons et aux filles une scolarité au niveau primaire ?

L’intégration du genre dès le début de l’analyse a permis d’obtenir des informations allant plus loin que « il n’y a pas assez d’écoles », ou que les écoles ne sont pas bien équipées. Cela a montré l’influence des attitudes des parents, des relations selon les genres au sein de la famille et de l’attitude des professeurs sur la scolarisation.

Réutilisable dans d’autres contextes

  • Une analyse détaillée de situation dans un contexte donné peut s’appliquer à des contextes similaires de la région.

De conception flexible

  • Une analyse de situation est un processus graduel où chaque étape de la collecte et l’analyse données et l’analyse module les étapes suivantes. Il s’agit d’un processus flexible qui se dévoile lors du déroulement de l’étude.

Une approche ascendante

  • Cela signifie que l’étude se concentre sur une communauté en particulier et que les observations d’une situation spécifique peuvent ensuite être utilisées pour formuler des recommandations à d’autres niveaux (autre communauté, district, niveau régional ou national).  (Figure 4.1).

Besoins en capacités de l’utilisateur

La mise en œuvre de l’outil nécessite des capacités spécifiques des utilisateurs :

  • Capacité à appliquer une analyse sexospécifique et à utiliser les cadres existants comme le Cadre basé sur le genre et les droits (Annexe 4.1).
  • Capacité à élaborer et à mettre en œuvre des méthodes de recherche qualitatives.
  • Une perspective neutre, dénuée d’intérêt immédiat dans le projet (cela signifie que l’organisation qui mène l’étude n’est pas directement impliquée dans la mise en œuvre des activités avec la communauté).

Conformément au point 3, une société devrait faire appel à une tierce partie pour mener l’analyse de situation. Cependant si des documentations de projet existantes vont être évaluées et / ou si des informations vont être contrôlées dans un contexte précis, le personnel de la société sont parfaitement en mesure de procéder eux-mêmes à l’analyse.

L’analyse de situation : Un processus par étapes

Les étapes d’une analyse de situation à expliquer de manière plus détaillée ici sont les suivantes : 1. Étude de bureau ; 2. Travail de terrain (Cartographie sociale, interviews des informateurs clés et discussions de groupe de réflexion); 3. Analyses de données ; et 4. Formulation de recommandations Les différentes étapes seront illustrées à l’aide d’exemples issus de SAGE²S dans des encadrés.

Appendice

Appendice – Exemple listes de contrôle utilisées au sein de SAGE²S pour la collecte de données

Appendice – Questions encadrant le travail de terrain dans SAGE²S

Appendice – SAGE²S

Appendice – La structure Genre et Droits

Appendice – Outil pour les discussions groupe de réflexion

Appendice – Outil – Cartographie sociale

Appendice – Outils pour les interviews des informateurs clés

 

Étape 4 : Recommandations, validation et suivi

Points essentiels :
L’analyse et la formulation de recommandations ne doivent jamais se faire isolément des communautés et des partenaires locaux.

Les recommandations peuvent servir à l’élaboration du programme et à la formulation des politiques. Les recommandations sont basées sur les lacunes identifiées au cours de l’analyse ; elles indiquent ce qui peut être fait et comment le faire. Les recommandations doivent également se baser sur les capacités des acteurs présents sur le terrain, sur leur dispositions à participer et sur les ressources disponibles.

La dernière étape logique consiste à valider si les résultats de l’analyse de situation, notamment les recommandations qui en découlent, correspondent aux souhaits d’action et aux principaux besoins des personnes de ces communautés. La disponibilité des ressources, la volonté et le potentiel des différents partenaires à mettre en œuvre certaines activités peuvent aussi être prises en compte à ce stade.

Un exercice de validation est également utile pour affiner encore plus les recommandations et les intégrer à une proposition de projet. Cela contribuera à inclure les différents rôles et responsabilités du projet et à établir un budget pour chacune des activités. Un format tableau peut être utilisé pour traduire les recommandations en activités et objectifs spécifiques d’un projet.

Tableau 3 : Un format de validation

Constatations
(niveaux : local, national, international)
Activité abordant la recommandation (essayer d'être le plus spécifique possible).Objectif auquel cette activité devrait contribuer. Qui devrait mener cette activité ? La société elle-même ou les partenaires locaux ? Quels sont les besoins pour cela ? (Financement, connaissances, réseaux, programmes-types etc.)
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Exemples de recommandation provenant de l’étude SAGE²S

Recommandations à un niveau national

  • Soutenir le développement de la pré scolarisation (éducation de la petite enfance)

Recommandations au niveau du district (ciblage au niveau des autorités locales)

  • Enregistrement des naissances de tous les enfants
  • Système de surveillance de la fréquentation scolaire

Recommandations effectuées au niveau de la communauté

Les négociants du cacao peuvent envisager de soutenir des intervention sexospécifiques au niveau des administrations locales (commune) dans les domaines suivants :

  • Système de surveillance de la fréquentation scolaire
  • Renforcer la responsabilité du Ministère de l’éducation en matière de qualité de l’enseignement (par ex. pas plus de 50 élèves par classe ; pas d’abus par les enseignants)
  • Investissement au niveau de l’infrastructure de l’école par les autorités locales

Recommandation au niveau de l’école primaire

  • Renforcer les comités de parents d’élèves, y inclure les mères d’élèves, mettre à disposition formations et conseils pouvant contribuer à l’amélioration des école
  • Améliorer les infrastructures scolaires, en particulier l’approvisionnement en eau et l’assainissemen

Les activités devront être hiérarchisées en fonction des besoins immédiats et des capacités et ressources disponibles.

Lorsque cet outil est employé pour intégrer le genre au sein de propositions existantes, il est possible d’énumérer les principales observations dans la première colonne du tableau. La seconde colonne permet de visualiser comment les problématiques de genre identifiées dans l’étude peuvent affecter des interventions déjà élaborées. La troisième colonne fournit des idées sur comment aborder ces problématiques sexospécifiques au sein d’activités existantes.

 

Tableau 4 : Intégration du genre dans les propositions

Observations (niveaux : local, national, international)Comment les problématiques sexospécifiques influencent les interventions existantes Comment le genre peut être intégré dans les activités existantes pour éviter de « causer du tort » Qui devrait mener l'activité ? La société elle-même et les partenaires locaux ? Quels sont les besoins pour cela ? (Argent, connaissances, réseaux, programmes-types etc.)
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Étape 3 : Analyse

Après avoir collecté les données, l’étape suivante consiste à rassembler les notes ainsi que les enregistrements / comptes rendus des interviews et des discussions de groupe. Toutes les données collectées doivent ensuite être (1) codées et (2) comparées. Il convient de coder les matériaux de l’étude de bureau, la cartographie sociale, les interviews des informateurs clés et les discussions groupe de réflexion. Le seconde étape consiste à analyser et comparer les différentes données et observations.

Codage – Le codage consiste à étiqueter des morceaux d’interviews, de FGD ou de rapports de manière à permettre au chercheur de retrouver tous les morceaux pertinents et de les agréger. Les étiquetages découlent, en partie, des questions de la recherche. Dans certains cas, ils découlent aussi des données elles-mêmes ; par exemple lorsque de nouvelles problématiques apparaissent ou que des réponses inattendues imprévues sont données. Le degré de précision du codage est défini par le chercheur. Une fois les données codées, les morceaux correspondant aux étiquetages ou groupes d’étiquetages peuvent être agrégés dans une feuille de codage. Vous trouvez un exemple de feuille de codage au tableau 2. Plusieurs programmes informatiques de codage sont disponibles, par exemple NVivo et ATLAS.ti.


Tableau 2 : Feuille de codage des interviews de personnes en lien avec les écoles primaires

 

Nom de personne interrogéeQuestions fil rouge des interviews  
Professeur 1 (homme)Extraits des interviews
Professeur 2 (femme)
Directeur de l'école
Etc.

 

Comparaison – une fois que les données enregistrées ont été codées, les données issues de sources différentes peuvent être comparées dans l’analyse. À un premier niveau, il s’agit de comparer les interviews et les observations de personnes similaires (comme les interviews des enseignants, les interviews des dirigeants communautaires etc). Une fois celles-ci codées dans une feuille similaire, il est aisé de les comparer et d’identifier points communs et différences.

Le second niveau consiste à comparer les résultats des différents groupes de la communauté. À ce stade, il est important de connaître les problématiques qui ont été discutées par les différents groupes de la communautés (parents, professeurs, enfants, hommes, femmes etc) pour pouvoir comparer les résultats et analyser les similarités et les différences.

La triangulation facilite la validation des données (pour de plus amples informations sur la triangulation, consultez l’outil suivant de collecte et d’analyse de données).

Étape 2: Travail de terrain

Points essentiels :

  • Établir une cartographie sociale est un processus participatif. La cartographie sociale est le reflet des opinions et interprétations des membres de la communauté.
  • La plus grande variation possible est un principe important lors des interviews et des discussions de groupe : l’objectif consiste à obtenir une vue détaillée de la communauté. Il convient pour cela d’impliquer un grand nombre de membres de la communauté et des protagonistes clés.

Le travail de terrain se compose de deux phases. La première consiste à élaborer un profil général de la communauté en élaborant une cartographie sociale. La seconde phase consiste à recueillir des informations approfondies par le biais d’interview d’informateurs clés et des discussions de groupes de réflexion.

Phase 1 – Outil de cartographie sociale

Lors d’un exercice de cartographie sociale, une carte de la communauté est dessinée avec les personnes qui y habitent. Les membres de la communauté indiquent où se trouvent les maisons, quels groupes d’habitants y vivent ; ils précisent si la communauté est stratifiée / divisée en différents groupes, indiquent où se trouvent les écoles, les églises, les mosquées ou d’autres bâtiments communautaires importants etc. Les champs de culture de cacao et les champs d’autres cultures de rente peuvent également être placés sur la carte, en indiquant ainsi l’importance du cacao par rapport aux autres cultures.

Il est important de signaler ici que la cartographie sociale reflète les opinions et les interprétations des membres de la communauté. Elle illustre par exemple les perceptions des membres de la communauté de la taille d’une parcelle utilisée pour le cacao comparée à une parcelle utilisée pour d’autres récoltes. L’illustration ci-dessous à droite représente une carte conçue à Amélékia pour le SAGE²S ; l’exemple de gauche provient d’une boîte à outils conçue par la FAO (FAO, 2002).

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Pour une cartographie sociale, il est préférable de disposer d’une représentation égale des différents groupes sociaux de la communauté, chaque groupe étant représenté par environ 6 ou 8 personnes. Si cela s’avère nécessaire, l’exercice de cartographie peut s’effectuer avec des groupes spécifiques (par ex. composés exclusivement de femmes). La variation et la représentation sont toutefois des éléments importants. En effet, elles permettent d’incorporer les perspectives et positions d’un large éventail de membres et de protagonistes clés de la communauté même si cela peut constituer un défi !

Les résultats d’un exercice de cartographie sociale génèrent une meilleure compréhension du contexte local et des problématiques à explorer comme facteurs importants qui influent sur la problématique étudiée (dans le cas de SAGE, l’accès à la scolarisation et l’achèvement de la scolarisation et formation). Les cartes sociales permettent également d’identifier des candidats pertinents pour les interviews, ceci afin d’assurer une représentation égale des différents groupes sociaux. Pour des informations plus spécifiques sur la cartographie sociale et les questions qui guident l’exercice, consultez l’annexe.

Tableau 1 : Exemple d’informateurs interviewés dans le SAGE²S

GroupesQui ?
Liés à la communautéDes dirigeants communautaires, traditionnels et formels
Des personnes en lien avec l'écoleDes directeurs d'écoles
Des professeurs (femmes et hommes)
Des membres des associations de parents d'élèves
Des personnes en lien avec la production de cacaoDes dirigeants et membres de la coopérative de cacao (h/f)
Des professionnels du cacao
Des agents de vulgarisation
Des commerçants
Des ménages producteurs de cacao, hommes et femmesUn éventail divers de producteurs de cacao (travailleurs, propriétaires, grands et petits etc.)
Les enfants dans la ferme de cacao (les enfants des propriétaires, les enfants des travailleurs)
D'autres protagonistes clésDes représentants des organisations locales
Des donateurs
Des sociétés de cacao

 

Phase 2 – Entretiens avec les informateurs clés et discussions groupe de réflexion

Une interview des informateurs clés appelés « Key Informant Interview » (KII) est un entretien approfondi d’une personne choisie pour ses connaissances directes du sujet dont il est question. Ces interviews sont effectuées à l’aide de guides dédiés qui sont formulés avant le début du travail de terrain. Les questions spécifiques du guide dédié doivent s’aligner sur les questions globales de recherche de l’analyse de situation. Sur le terrain, il est possible de poursuivre l’élaboration du guide d’interview et de l’adapter aux interviews de plusieurs catégories d’informateurs. Il n’existe pas de format standard de guide d’interview. Vous en trouverez un exemple en Annexe.

Les guides d’interview doivent utiliser des questions ouvertes permettant aux informateurs de partager leurs expériences et points de vue. L’interviewer doit poser ses questions de manière spontanée, en visant à obtenir des informations et en prenant des notes.

La sélection des informateurs doit prendre en compte l’objectif de l’analyse de situation. Ici aussi, une variation maximale est un principe important. Logiquement, il faut penser à plusieurs groupes de protagonistes clés pour ensuite préciser les différents groupes et individus qui les composent.

Une focus group discussion (noté FGD ou discussion de groupe de réflexion) est une discussion minutieusement planifiée sur des thèmes d’intérêt et menée dans une atmosphère ouverte et bienveillante.

Lors de la conception d’un programme de développement communautaire, les discussions du groupe de réflexion sont très utiles afin d’explorer les différents avis, défis et besoins au sein de différents groupes de la communauté qui seront impliqués dans le processus de changement. Cela génère des informations et des explications approfondies qui ne peuvent être recueillies par le biais de questionnaires, ceci tout en informant et en impliquant les membres de la communauté dans le programme de développement.

Pour l’analyse de situation SAGE²S, des protocoles ont été mis en place pour l’exercice de cartographie sociale et les discussions de groupe de réflexion. Ces protocoles incluaient un éventail de questions relatives aux contraintes et opportunités majeures à la scolarisation des filles et des garçons ressenties par les personnes. On demanda tout d’abord au groupe de formuler plusieurs raisons et chaque participant devait ensuite classer celles-ci à l’aide de galets ou de fèves de cacao. Les problématiques sensibles (comme la violence à l’école) font l’objet d’une autre technique d’évaluation participative rapide, le vote à l’aveugle.

Les données provenant de notes et d’enregistrements furent codées et compilées dans des fichiers Excel afin d’être analysées, comparées et confrontées. La triangulation fut utilisée entre les différentes méthodes et les informateurs clés sur les problématiques nouvelles.

En Annexe vous trouverez les informations détaillées sur la collecte de données, y compris une liste de contrôle pour les interviews et les questions. Vous trouverez dans l’annexe du guide FGD pour auto-évaluation de genre, des informations complémentaires portant sur des principes importants d’une FGD.

Étape 1: Étude de bureau

Lorsque les questions et les objectifs de la recherche sont bien définis, l’analyse de situation débute par un examen des données, des preuves et des recherches existantes et en lien avec le sujet de réflexion et contexte géographique de l’étude. La première évaluation peut être orientée vers différents niveaux géographiques (local, régional et national) et leurs interconnexions. Les résultats de l’étude de bureau permettront de :

  • Fournir certaines réponses aux questions de la recherche,
  • Contribuer à identifier d’éventuelles lacunes au niveau des connaissances
  • Moduler les questions relatives de la collecte des données de terrain et l’élaboration de méthodes de collecte de données.

Il se peut qu’une étude de bureau fournisse une telle quantité d’informations que les autres étapes deviennent inutiles. Pareillement, si une étude semblable a déjà été réalisée, il se peut que certaines autres étapes soient inutiles. Certaines études pertinentes sont fournies dans la partie références de cet outil.

Les objectifs de l’étude de bureau SAGE²S étaient les suivants :

  • Obtenir une vue d’ensemble du système éducatif (primaire, secondaire, professionnel) en Côte d’Ivoire.
  • Comprendre la situation actuelle de la Côte d’Ivoire au regard de l’accès à / achèvement de l’enseignement (ou formation) primaire, secondaire ou professionnel(le) des garçons, filles, hommes et femmes.
  • Pour obtenir une vue d’ensemble des politiques existantes en matière d’éducation et des efforts d’amélioration de situation fournis par le gouvernement, les organisations internationales, les coopératives, les organisations et sociétés locales etc.

Ces objectifs ont été formulés dans des questions spécifiques qui ont orienté l’examen des documents :

Les questions guidant l’étude de bureau sur le contexte national de la Côte d’Ivoire :

  • Quels sont les taux de scolarisation et les taux de décrochage scolaire des garçons et filles (adolescents) à différents niveaux scolaires et quelles en sont les raisons ?Existe-t-il des politiques spécifiques visant à combler les lacunes sexospécifiques dans l’éducation ? Quelles sont les stratégies et quels en sont les effets ?
  • Quelles sont les principales problématiques de genre dans les systèmes agricoles qui associent la production de nourriture et la production de cacao et d’autres cultures de rente, notamment dans la région où SAGE a été mis en place ?
  • Quelles sont les problématiques de travail des enfants dans le secteur du cacao ? Que savons-nous des différences entre les garçons et les filles en termes de travail des enfants ? Existe-t-il un lien entre le travail des enfants et le décrochage à l’école ? Cette situation est-elle identique pour les garçons et les filles ?
  • Quel est l’état de la sécurité alimentaire et la nutrition des enfants, des adolescents et des adultes dans les régions de production du cacao et comment ces liens sont-ils compris ?

Cas