Au sujet de cet outil

Cet outil constitue une feuille de route qui soutient les partenaires de mise en œuvre (MG) dans le programme de moyens de subsistance cacao (CLP) en aidant des groupes de femmes dans la préparation, la mise en œuvre et le suivi des activités de culture vivrière. Le point de départ de cet outil sont les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC).

Quand utiliser cet outil ?

  • Lorsque vous souhaitez vous appuyer sur AVEC pour promouvoir des activités de culture de rente et contribuer à la diversification des revenus et à la sécurité alimentaire et / ou nutritionnelle.
  • Lorsque vous souhaitez contribuer à l’autonomisation économique des femmes au sein des communautés cacaoyères.
  • Lorsque vous souhaitez en savoir plus sur les considérations d’un point de vue de genre.

Étapes à suivre pour utiliser cet outil

Étape 1 :

  • Se reposer sur les groupes AVEC : visions de groupe, objectifs et dynamiques de groupe
  • Préparation des activités de culture de rente : parcelle, sélection de culture et intrants

Étape 2 :

  • Fournir des formations de GAP (bonnes pratiques agricoles), marketing et entreprenariat
  • Fournir des formations sur les pratiques post-récolte
  • Mise en place de lien avec les marchés

Étape 3 :

  • Marketing et transformation collectifs
  • Consommation domestique et nutrition

Étape 4 :

  • Durabilité
  • Aborder les barrières structurelles
  • Suivi & évaluation participatifs

La genèse de cet outil

Cet outil a été conçu parce que presque tous les MG de la Phase II du programme CLP travaillent avec des groupes de femmes dans les communautés cacaoyères et ont indiqué qu’ils souhaitaient plus de conseils quant à la mise en place d’activités de culture de rente. Dans cet outil, AVEC constitue notre point de départ ; en effet ce modèle a non seulement prouvé qu’il permettait l’accès aux plus pauvres à un financement mais aussi qu’il constituait une plate-forme permettant d’aborder les normes sociales qui entretiennent les inégalités entre les hommes et les femmes. Par conséquent, AVEC peut également contribuer aux processus plus larges et plus complexes d’autonomisation des femmes (Martins 2015).

Martins, S. 2015.

 

Introduction

Pourquoi associer le modèle AVEC à des activités de culture de rente ?

Cet outil contient des lignes directrices indiquant comment associer le modèle AVEC à des activités liées aux cultures de rente ceci dans l’objectif d’autonomiser les femmes économiquement. Pourquoi cette association ? Parce que :

  • AVEC est une forme d’action collective qui rapproche les femmes et consolide leur solidarité.
  • Connecter les activités liées aux cultures de rente et AVEC permet d’optimiser les structures de groupes existantes.
  • AVEC fait la promotion de l’épargne et permet à ses membres d’obtenir de petits prêts à des taux abordables. Ceci permet de surmonter une grande contrainte à laquelle de nombreuses femmes doivent faire face : un manque de financement les empêchant d’investir dans la production de cultures de rente, le commerce et/ou la transformation.
  • AVEC contribue on le sait à l’autonomisation des femmes, que ce soit en créant des opportunités d’investissement au niveau d’activités génératrices de revenus et également en améliorant leur niveau de confiance (et en faisant entendre leur voix), leur éducation financière et leur pouvoir décisionnel (conjoint) au sein du ménage.

Qui devrait utiliser cet outil et comment procéder ?

Cet outil est particulièrement adapté aux sociétés qui récoltent auprès de communautés avec des groupes AVEC actifs. Nous recommandons aux sociétés dont l’objectif est de travailler au sein de communautés où aucun groupe AVEC n’existe de contacter des organisations qui sont actives localement et qui travaillent avec le modèle AVEC (par exemple CARE au Ghana et en Côte d’Ivoire).

Il est toutefois probable que les entreprises auront besoin d’une aide supplémentaire en provenance d’un partenaire de mise en œuvre dans le but d’entreprendre les différentes étapes de cet outil et de mettre en place un projet de cultures de rente. Les capacités dont il faut disposer pour utiliser cet outils sont les suivantes :

  • Expérience de travail avec des groupes AVEC
  • Compétences en matière d’analyse de genre
  • Compétences de facilitation
  • Compétences techniques

Au sein de cet outil, nous vous guidons à travers une série de décisions pouvant être prises par les groupes AVEC afin de profiter des investissements faits dans un projet de culture de rente. La direction prise par un groupe doit être motivée par les besoins et souhaits des différents groupes ceci dans le cadre et les capacités du projet. Il est crucial d’éviter toute approche hiérarchique ; ce n’est pas le partenaire de mise en œuvre qui doit fixer les objectifs mais les membres du groupe.

Il existe déjà de nombreux outils disponibles pour les différents aspects de la mise en place d’activités de culture de rente au sein des groupes. Il existe ainsi des guides sur les pratiques agricoles, il existe des outils liés de planification marketing et organisationnelle et il existe des outils pour une meilleure compréhension du thème de la nutrition. Beaucoup de ces outils ont été élaborés par CARE International.

Au sein de cet outil AVEC et de culture de rente, nous nous référons à des outils et des exercices existants qui vous aident à mettre en place un programme qui correspond aux besoins et aux objectifs des groupes. Pour chaque étape de cet outil, nous accentuons les principales considérations d’un point de vue de genre. Nous rassemblons tout cela pour vous !

Limitations des AVEC et des cultures de rente

Lier AVEC aux activités de culture de rente présente un grand potentiel, mais également certaines limites. Deux partenaires de mise en œuvre ont partagé leurs expériences avec AVEC et les activités de culture de rente en Côte d’Ivoire, montrant que les femmes ne profitent pas de leurs investissement en temps dans les cultures de rente. Par exemple, le fait que les femmes puissent en profiter dépendra des éléments suivants :

  • Pouvoir décisionnel par rapport à l’épargne et aux prêts. Les bénéfices qu’en tirent les femmes dépendent de la mesure où elles peuvent décider pour elles-mêmes de l’utilisation qu’elles souhaitent faire d’un prêt accordé dans le cadre de AVEC. Ceci est lié à la façon dont les hommes considèrent toute augmentation de revenus des femmes. Parfois, les hommes ont expliqué qu’ils ne souhaitent pas que leurs épouses gagnent plus de peur qu’elles ne deviennent infidèles. En outre, une formation adaptée et tout type d’autre soutien sont essentiels pour garantir que les femmes améliorent leurs connaissances et sachent comment bien utiliser leurs épargnes.
  • Pouvoir décisionnel sur les revenus. Les bénéfices qu’en tirent les femmes sont fonction de la mesure où elles sont en mesure de décider pour elles-mêmes de l’utilisation qu’elles souhaitent faire d’un prêt accordé par AVEC. Dans certains cas, les hommes ont indiqué qu’ils s’approprieraient l’argent de leur épouses s’ils estiment qu’elles gagnent trop. C’est également pertinent pour ce qui est de la répartition des rôles et des charges de la maison et des dépenses liées qui peuvent changer en raison des revenus plus élevés des femmes.
  • La maitrise que les femmes ont de leur temps, et donc le temps qu’elles peuvent consacrer à la production (collective) de nourriture, au commerce et à la transformation. En lien avec cela nous retrouvons la grande charge de travail qui repose déjà sur les femmes ce qui peut les empêcher de bénéficier des activités de groupe. Les activités que les femmes entreprennent en groupes doivent leur être profitables sinon leur implication baissera.
  • Accès au et contrôle des ressources. Pour certains groupes, il peut s’avérer difficile d’accéder à une parcelle de terrain qu’ils sont en mesure d’exploiter en groupe. La parcelle est souvent de petite taille (0,5 acre).  Pour les femmes en tant que personnes, il peut s’avérer difficile d’accéder à des parcelles de terrain pour leur production de cultures de rente. Elles dépendent souvent de leur mari qui peut leur mettre des terres à disposition.
  • Le schéma de paiement AVEC. Lorsque le schéma de paiement AVEC n’est pas calqué sur les saisons, il y a un risque de ne pas avoir d’argent disponible lorsqu’il faut préparer la terre.
  • Le capital disponible. Les activités liées à la culture de rente nécessitent des investissements saisonniers mais, dans un groupe AVEC, le capital disponible n’est pas suffisant pour accorder un prêt à plusieurs membres en même temps. En outre, AVEC ne permet pas des emprunts de taille moyenne permettant par exemple d’acheter des équipements de transformation de nourriture.
  • La mise en place de AVEC. AVEC n’a pas été mis en place pour des emprunts de groupe mais pour les emprunts individuels. Si un AVEC souhaite accéder à un emprunt de groupe pour investir dans les cultures de rente, il conviendra de trouver d’autres sources de financement.

Appendice

Étape 4 : Durabilité

Le transport, la commercialisation et la transformation des cultures de rente peuvent constituer des défis pour les groupes de femmes. Ceci est d’autant plus vrai lorsque les groupes sont plutôt nouveaux et n’ont pas encore traversé le cycle AVEC entier.

Pour la durabilité des activités de culture vivrière, il peut s’avérer pertinent de se renseigner afin de savoir si les coopératives cacaoyères ont un rôle à jouer dans ce domaine. Ceci est particulièrement pertinent pour les partenaires de mise en œuvre qui ont identifié des groupes de femmes dans les coopératives auprès desquelles ils se fournissent ; souvent les épouses des membres masculins de la coopérative sont actives dans ces AVEC.

La nécessité de l’implication d’une coopérative dépend de la force de l’AVEC mais également de la relation qui existe entre l’AVEC et la coopérative.

En Côte d’Ivoire, plusieurs coopératives ont indiqué qu’il peut être intéressant pour elles de soutenir les groupes AVEC dans les activités de cultures de rente si :

  • le groupe fonctionne correctement
  • les volumes qui doivent être transportés ou transformés sont importants ;
  • la coopérative s’engage à soutenir les activités de cultures de rente.

Avant de commencer à promouvoir l’implication d’une coopérative, il faut vous assurer que la coopérative est elle-même assez forte pour assumer ce rôle.

 

French tool - VSLA

 

Pour encourager la coopérative, il est possible de mettre au point une proposition de valeur montrant comment elle pourrait bénéficier des services offerts au groupe. Toile de modèle commercial fournit des outils dans le but de développer des propositions de valeur. Les outils marketing de CARE comprennent également des exercices pratiques pour mettre au point une proposition de valeur.

Sinon, une autre manière plus simple consiste à inviter les dirigeants de la coopérative à la formation sur la production alimentaire et sur les pratiques post-récoltes. Ceci peut faciliter une discussion sur leur implication potentielle et les coûts et bénéfices liés.

En plus d’un rôle pour les coopératives, il est possible d’impliquer les éventuelles parties prenantes locales au niveau de la durabilité des activités de cultures de rente, comme les fournisseurs de services locaux et les institutions financières qui souhaitent fournir des services financiers à des groupes crédibles. L’implication de ces derniers est de plus en plus importante lorsque les femmes au sein d’AVEC ont pour ambition de faire des investissements plus importants (à long terme), par exemple l’achat de machines de transformation, clôturage, tracteurs, construction d’infrastructures d’entreposage, banques de graines, etc. La coopérative peut jouer un rôle au niveau de la garantie du prêt.

 

Aborder les barrières structurelles
Puisque cet outil relie AVEC aux activités des femmes génératrices de revenus (par exemple production de culture vivrière, commerce et transformation), l’intégration du genre dans toutes les formations et sessions est essentielle. Dans la plupart des sociétés cacaoyères, les hommes sont considérés comme étant l’autorité décisionnelle du foyer pour ce qui est de la conclusion et de l’utilisation des prêts ainsi qu’en ce qui concerne le contrôle des actifs achetés avec ces prêts. Ceci peut nous mener à des situations où des hommes, même s’ils ne sont pas membres des groupes AVEC, contrôlent toutefois le fonctionnement du groupe AVEC. Pour éviter que ces normes en matière de genre empêchent les femmes de bénéficier des cultures de rente, il convient d’organiser des séances de sensibilisation et de discussions sur le genre en abordant des thèmes comme la masculinité, la sexualité et la violence envers les femmes qui doivent être inclus dans toute trajectoire « AVEC et cultures de rente ». Le système noté « GALS » d’apprentissage d’action selon le genre, fournit une méthodologie parfaite pour cela. GALS élabore des capacités de visionnement et de planification participatives et renforce les réseaux sociaux des femmes et des hommes à tous les niveaux. GALS se concentre en particulier sur le développement de nouvelles visions en matière de relations entres les femmes et les hommes en tant qu’êtres égaux et dans la mise en place de changements au niveau des inégalités hommes et femmes au niveau des ressources et du pouvoir. Les outils sont accessibles ici.

CARE a été en mesure de collecter des preuves montrant comment AVEC, à l’aide d’une approche transformative en matière de genre, peut contribuer à changer les relations de pouvoir inéquitables au sein du ménage. Ceci donna des résultats tangibles, notamment une meilleure répartition de la charge de travail entre les hommes et les femmes au sein du foyer, une meilleure évolution de la façon dont les décisions sont prises quant aux dépenses du foyer et une réduction notable des niveaux de violence domestique (Martins 2015).

Suivi & évaluation participatifs

Différents outils et exercices pouvant être utilisés pour un S&E sensible au genre sont disponibles: Un outil S&E recommandé pour AVEC est l’outil de suivi participatif de performance CARE. . Cet outil a pour objectif de suivre l’adoption au niveau de l’individu et du groupe des pratiques clés afin de rationaliser la collecte des données et de renforcer les résultats du programme.

Les avantages de l’emploi d’une méthode participatif au niveau de S&E sont expliqués dans l’outil portant sur la collecte de données, étape 4. Plus d’outils sont également fournis.

Un autre outil très utile et pratique pour la mesure de l’impact d’AVEC et des activités de culture vivrière est le « « Women’s Empowerment in Agriculture Index, l’index d’autonomisation des femmes dans l’agriculture   » (noté WEAI). WEAI est un index résultant d’un questionnaire visant à mesurer le rôle et l’étendue de l’implication des femmes dans le secteur de l’agriculture dans cinq domaines :

1.    Décisions relatives à la production agricole

2.    Accès à et processus décisionnel relatif aux ressources productives,

3.    Contrôle sur l’utilisation des revenus,

4.    Leadership dans la communauté, et

5.    Utilisation du temps.

Les  matériaux pédagogiques WEIA incluent des exemples de questionnaires qui ont été pilotés afin de collecter ce type de données permettant les mesures. Pour de plus amples informations, consultez l’outil sur la collecte de données, étape 3.

Au sein de l’outil sur la collecte de données, vous lirez en outre de plus amples informations sur le Cadre d’autonomisation des femmes –mis au point par CARE. Ce cadre est utile à la compréhension de l’interaction des changements résultant d’AVEC et des cultures de rente dans :

  • L’agence : ses propres aspirations et capacités,
  • La structure : l’environnement qui entoure et conditionne ses choix,
  • Les relations : les relations de pouvoir au sein desquelles elle négocie et se fraie un chemin.

Mise à l’échelle

La mise à l’échelle doit se baser sur un S&E participatifs. Il existe deux manières de mettre à l’échelle AVEC et les activités de culture vivrière :

  1. Reprise de cette association dans d’autres communautés (redimensionnement à l’horizontal).Cet outil propose les directives pour le faire, il a pour point de départ le fait que ce sont les groupes eux-mêmes qui décident ce qu’ils souhaitent cultiver, dans quel but, comment l’organiser et avec qui.
  2. Augmentation de l’impact de l’association (redimensionnement vertical).
    L’impact d’AVEC et des activités de culture vivrière peut être accru de plusieurs manières différentes selon le fonctionnement des groupes, de leurs objectifs, des marchés disponibles, de la capacité à aborder les contraintes de genre et de contribuer à l’autonomisation des femmes. Le Modèle conceptuel AUTONOMISATION DES FEMMES ET DES FILLES, présenté récemment dans un  Livre blanc, élaboré par le KIT et la Bill and Melinda Gates Foundation, peut constituer une source utile.

 

Récapitulatif ressources à cette étape

Durabilité

Outils marketing (CARE)

Toile de modèle commercial (Strategyzer)

Aborder les barrières structurelles

(CARE) FFBS Gender tools

S&E participatifs

Matériaux de formation WEAI

(CARE) Cadre d’autonomisation des femmes

(CARE) PPT

 

 

 

Étape 3: Marketing et transformation collectifs

Marketing et transformation collectifs

Le marketing collectif peut présenter plusieurs avantages comme :

  • Des volumes plus importants
  • Une qualité uniforme
  • Des vendeurs fiables
  • Des acheteurs fiables
  • Un approvisionnement continu
  • Un prix plus élevé
  • Un groupe renforcé

Ces bénéfices probables ne sont toutefois pas toujours faciles à obtenir notamment parce que la taille de la parcelle commune est limitée (environ 0,5 acre). Il est souhaitable de rappeler aux membres que, au-delà des cultures nourricières qui proviennent de la parcelle commune, ils peuvent également décider de vendre collectivement les cultures de rente qu’ils cultivent sur leur propre parcelle.

CARE a mis au point des outils marketing pour le marketing de groupe, ces outils se trouvent ici. Les outils marketing de CARE comprennent des sessions sur l’analyse du marché, le plan marketing, le calcul des coûts et des bénéfices, le marketing de groupe et avec les acheteurs. Cela comprend en outre des directives pratiques pour mettre en place une étude de marché, un modèle montrant comment mettre en place un plan marketing collectif et un exemple de formulaire de suivi des ventes si le groupe décide de commercialiser collectivement. Ces outils peuvent être utilisés pour la commercialisation des cultures de rente ainsi que les aliments transformés. Ces outils vous aident également à affronter certains défis inhérents à une commercialisation collective.

L’ajout de valeur par la transformation peut signifier des opportunités commerciales pour les groupes, notamment si la commercialisation des cultures de rente est complexe et que la nourriture risque d’être gaspillée. Mettre des formations à disposition sur les pratiques post-récolte, y compris une analyse de marché et évaluation commerciale sont des étapes nécessaires pour explorer ceci. Sur la base de ces étapes, on peut décider collectivement s’il convient d’envisager cela comme activité de groupe ou pas.

Même si l’outil nous fournit des directives pour une analyse de chaine de valeur selon le genre, il n’entre pas en détails et de manière explicite sur les dimensions liées au genre.

Principales considérations d’un point de vue de genre :

  • La commercialisation des cultures vivrière dépasse la bonne compréhension de la production et des exigences du marché. Il est également important de comprendre le rôle des femmes dans le foyer et de savoir dans quelle mesure elles ont accès aux marchés et sont en charge des ventes. Nous savons que pour les cultures de rente, ce sont les hommes qui, habituellement, sont en charge de la commercialisation. Si le commerce des aliments devient une affaire rentable, le risque est que les hommes souhaitent reprendre à leur charge le commerce de leur épouse.
  • Il convient absolument de prendre conscience de la personne qui dispose du contrôle sur les cultures de rente et qui prend les décisions d’ordre financier. Dans quelle mesure les femmes qui prennent part à AVEC disposent du pouvoir décisionnel sur l’utilisation a) de la nourriture produite que ce soit pour la consommation du foyer ou pour la vente ; b) de l’argent qui est gagné avec la nourriture – que la femme dispose du contrôle sur ces revenus ou pas ; c) de l’utilisation de l’argent dont ils peuvent se servir comme d’un emprunt venant du groupe.

Une manière d’aborder les grands défis qu’affrontent les femmes lorsqu’elles souhaitent que les produits parviennent aux marchés, y compris les problématiques d’ordre socio-économique et inhérentes au foyer, est de créer un arbre à problèmes. L’arbre à problèmes nécessite de s’intéresser aux causes à l’origine d’un problème.

Consommation du foyer et nutrition

Les activités de cultures de rente peuvent aider les membres AVEC à générer des revenus et / ou aider des foyers à garantir la sécurité en matière de nourriture et de nutrition. Ceci nécessite des connaissances en matière de nutrition, pour les femmes mais aussi pour les hommes. CARE a mis au point les outils de Nutrition suivants qui servent cet objectif.

  • Comprendre la dénutrition
  • Groupes d’aliments et nutrition
  • L’assiette santé
  • Cultiver des aliments nourrissants
  • Planification d’un potager
  • Démonstrations de cuisine
  • Allaitement exclusif
  • Défi charge de travail

Les outils sont accessibles ici.

Principales considérations d’un point de vue de genre :

  • Rien ne prouve qu’investir dans la production de cultures de rente, le commerce et la transformation engendre automatiquement une meilleure sécurité alimentaire et une meilleure nutrition. Nous devons disposer de meilleures connaissances sur le processus décisionnel au sein du foyer sur les points suivants
    • Que cultiver ?
    • Dans quel but la culture est utilisée : pour la consommation ou la vente ?
    • Qui contrôle les revenus générés par les ventes des cultures de rente ?
    • Quel type d’autres produits alimentaires sont achetés ?
    • Comment se fait la distribution de nourriture parmi les membres du foyer ?
  • Si un groupe décide de planter une nouvelle pousse qui contribue à un régime alimentaire plus nutritif, il convient d’effectuer une étude de marché pour être certain qu’en cas de surplus, le marché est ouvert à cette culture.

 

Une autre gamme d’outils très utile pour évaluer comment établir les liens entre nourriture et nutrition, est la Gamme d’outil Nutrition et Agriculture sensibles au genre, élaborée conjointement par le KIT et SNV. Ce kit d’outils comprend des outils pratiques qui peuvent vous aider à

  • Évaluer le contexte et la situation actuelle d’une communauté par rapport à la nutrition, le genre et l’agriculture
  • Comprendre les perceptions de la communauté par rapport à la dénutrition et ses raisons probables et
  • Réfléchir, de manière collective, à des solutions appropriées, en impliquant les membres de la communauté et les principales parties prenantes.


Récapitulatif ressource à cette étape

Marketing

Outils marketing (CARE)

Groupe de travail sur le genre entre les agences (noté IGWG). Arbres à problèmes. Outil. http://www.igwg.org/igwg_media/Training/ProblemTrees.pdf

Nutrition

Outils de nutrition CARE.

(KIT et SNV) Kit outil NGSA

 

 

Étape 2: Formation en groupe

Formation en groupe

Après ou en conformité avec la formation générale AVEC, une formation approfondie sur les bonnes pratiques agricoles (GAP) pour la production de cultures de rente est fournie pour aider les membres du groupe à produire les cultures de manière efficace. La formation aux compétences d’entreprise et à la comptabilité simplifiée peut être fournie pour une efficacité marketing accrue. Au lieu des formateurs de la communauté, il est recommandé d’impliquer les agents de vulgarisation de l’école pour la formation nourriture « GAP ».  CARE a élaboré des outils agricoles  qui fournissent des matériaux de formation participative utiles.

Des compétences marketing et la mise en place de liens avec des acheteurs (potentiels) devraient constituer les éléments clés de la formation tout comme les compétences d’ordre financier (voir également l’étape 3 de cet outil). Si l’objectif du groupe implique la sécurité alimentaire et une nutrition améliorée, ceci doit également faire partie du programme. CARE a mis au point des outils de Nutrition qui peuvent être utilisés.

Si le groupe a pour ambition de transformer les cultures (ou une partie de celles-ci), soit pour la consommation soit pour la commercialisation, il est essentiel que les groupes aient accès à des formations sur les pratiques post-récoltes, y compris un module relatif à l’accès au financement.

CARE a mis au point un module sur la récolte et sur la gestion de la post-récolte. Alors que les pratiques particulières et la succession des opérations changera en fonction de la culture, il existe une succession habituelle d’étapes dans les systèmes de traitement post-récolte qui sont expliqués dans le module (Module 2.12), les voici :

  • Sécurité alimentaire
  • Assurance qualité
  • Entreposage amélioré
  • Meilleure protection contre les pesticides
  • Réduction des pertes (quantité & qualité)
  • Meilleures opportunités marketing

WIAD (Women in Agricultural Development Directorate) est l’un des partenaire publics de WCF au Ghana. Ce partenaire propose des formations aux partenaires de mise en œuvre sur le genre, la transformation des aliments et l’ajout de valeur. Des modules de formation sensibles au genre qui sont pilotés par les partenaires de mise en œuvre avec des groupes de femmes dans les communautés cacaoyères du Ghana sont :

  • Agriculture & transformation agraire en tant qu’entreprise
  • Diversification de l’entreprise agricole
  • Acquisition de compétences pratiques en ajoutant de la valeur
  • Sécurité alimentaire & hygiène
  • Entreposage (disponibilité et inconvénients)
  • Nutrition

Il est essentiel, au niveau des différentes formations, d’établir des liens avec les acheteurs potentiels de la production et avec les autres parties prenantes qui sont des fournisseurs de services (financiers) potentiels ou peuvent, d’une autre manière, contribuer à la réussite des groupes.

Considérations essentielles d’un point de vue de genre :

  • Les agents de vulgarisation et les formateurs doivent être sensibles au genre. Le genre doit être intégré dans le programme et dans les méthodes de formation.
  • En particulier pour les séances où les relations de genre peuvent gêner ou favoriser le changement de comportement, il convient d’envisager d’inviter les conjoints des femmes (ou d’autres membres de sexe masculin du foyer) et d’avoir des séances de formation avec des groupes mixtes.
  • Lors de la planification de la formation, le temps disponible des femmes et l’accessibilité de l’emplacement sont des éléments à prendre en compte. Si l’horaire n’est pas pratique ou que l’emplacement est trop éloigné, la participation des femmes sera moins importante.

Récapitulatif ressources à cette étape

Les ressources ci-dessous sont des outils différents qui peuvent être utilisés lorsque ces formations sont dispensées.

Formation GAP
FFBS (CARE)Outils agricoles

Formation esprit d’entreprise
Pour un exposé et des ressources d’ordre plus général sur le développement économique des femmes (WED), consultez  la page des ressources OITWED.

Éducation financière
Formation d’ordre financier (OI

Nutrition

Outils de nutrition (CARE).

Pratiques post-récoltes

WIAD – Direction des femmes, développement agricole, l’une des sept directions techniques du Ministère de l’Alimentation et l’Agriculture (MoFA) du Ghana

WIAD a pour mission de mettre au point des politiques efficaces pour promouvoir la diffusion améliorée de technologies et d’informations sur la production agricole et la post-production, ceci de manière écologiquement durable. WIAD travaille en liaison avec les unités de recherche et de vulgarisation pour analyser les défis spécifiques aux femmes dans l’agriculture et pour chercher des solutions pour elles mais aussi pour développer un nouveau produit/une nouvelle recette et mener une évaluation sensorielle de nouvelles pousses.

Étape 1: Se reposer sur les groupes AVEC : visions de groupe, objectifs et dynamiques de groupe

Se reposer sur les groupes AVEC : visions de groupe, objectifs et dynamiques de groupe

Établir le lien avec AVEC

Le prototype AVEC a été mis en place par CARE au Niger en 1991. AVEC fournit aux personnes, quel(le) que soit leur éloignement ou leur pauvreté, l’accès à des petites quantités de capitaux en devises locales à des conditions flexibles, souvent à des risques très limités et des frais négligeables. La plupart des membres AVEC sont des femmes ; de par le monde les femmes représentent 78% des membres (Source http://vsla.net/home). Rien qu’en Afrique, on estime que plus de 4 millions de personnes bénéficient actuellement de AVEC, la plupart des AVEC ont été financés par CARE (Source : CARE International en Ouganda).

Un groupe AVEC est un groupe autonome qui ne perçoit aucun financement extérieur. L’AVEC est connue pour fournir pour fournir à ces membres un endroit sûr pour épargner leur argent, pour avoir accès à des prêts et pour obtenir une assurance d’urgence. La force derrière la méthodologie AVEC est que les membres sont en mesure de s’élever pour sortir de leur pauvreté et cela uniquement grâce à leurs propres financements. Les membres peuvent contracter des prêts pour couvrir leurs dépenses comme les frais de scolarité ou les factures médicales ou ils peuvent se servir des emprunts pour investir dans des activités génératrices de revenus leur permettant ainsi d’augmenter les revenus du ménage. Par conséquent, les membres AVEC font l’expérience d’améliorations notoires au niveau de la santé et du bien-être du foyer et même d’une qualité de vie globalement améliorée (Source : CARE International in Ouganda).

Les groupes AVEC conviennent d’un cycle, qui se situe généralement entre 9 et 12 mois. Pendant cette période, le groupe AVEC traverse plusieurs phases et CARE évalue si le groupe est prêt à passer à la phase d’après (Illustration 1). CARE sélectionne les membres de la communauté et les forme. Ces formateurs de communauté (CBT) sont ceux qui rendent visite aux groupes AVEC.

Figure 1 - Step 1

A la fin du cycle, les associations AVEC prennent leur indépendance à l’égard de l’organisation de mise en place et gèrent leurs propres épargnes, leurs crédits ainsi que les activités d’assurance. Le système adaptable et autogéré permet aux membres de répondre aux opportunités économiques ainsi qu’à des chocs imprévus qui risqueraient de les entraîner dans un cycle de dettes impayables et incontrôlables. De nos jours, les AVEC s’apparentent plus à un groupe d’épargnes et d’emprunts et font souvent office de plateforme de formation permettant d’aborder des normes sociales qui entretiennent les inégalités entre sexes et de contribuer à l’autonomisation des femmes (par exemple Martins 2015).

Pour plus d’informations sur comment soutenir le processus de mise en place de groupes AVEC :

Pour une introduction d’ordre plus général sur le modèle AVEC consultez :

Vision du groupe, dynamiques de groupe et leadership

Si CARE compte de nombreux groupes AVEC mixtes, la majorité de ceux-ci sont toutefois des groupes composés exclusivement de femmes. A l’origine, la méthodologie a été conçue afin de renforcer la solidarité parmi mes femmes, ceci explique notamment pourquoi ce sont les femmes qui sont particulièrement intéressée par l’adhésion à de tels groupes. La participation dans un groupe est déterminé par une autosélection et, en principe, tout le monde peut prendre part à une AVEC. Il existe un certain nombre de conditions à remplir par les membres :

  • confiance dans les membres ;
  • réputation d’honnêteté ;
  • personnalités coopératives ;
  • capacité à épargner de manière régulière, même s’il ne s’agit que de petites sommes ;
  • la capacité à rembourser ses emprunts de manière fiable.

Le guide du facilitateur AVEC fournit les étapes pratiques sur l’implication des membres dans la sauvegarde de dynamiques de groupe saines. Les groupes AVEC contribuent potentiellement à la cohésion sociale au sein des communautés mais ceci n’advient pas de manière automatique ou toujours et cette cohésion peut prendre un peu de temps. La Côté d’Ivoire nous a permis de tirer un enseignement : il convient d’éviter de structurer des groupes autour de l’ethnicité ; en effet ceci risque d’affecter la cohésion sociale au sein d’une communauté. C’est le rôle du facilitateur de garder un œil sur les dynamiques de groupe.

En liant les AVEC existantes aux activités de cultures de rente, il ne faut pas oublier que les membres du groupe n’ont pas nécessairement un objectif commun (au-delà de l’activité principale de AVEC qui est l’épargne), et ne partagent pas nécessairement les mêmes intérêts ou les mêmes besoins. Les membres du groupe peuvent être assez différents. Dans le groupe, il peut ainsi y avoir des femmes qui épargnent pour des activités commerciales, d’autres qui épargnent et empruntent pour des frais de scolarité, ou par exemple pour donner de l’argent à des funérailles. Ou les femmes qui se retrouvent à différentes phases de leur vie avec donc des besoins, des opportunités et des défis différents. Par exemple, les décisions d’une jeune femme célibataire seront sans aucun doute différentes de celles d’une femme veuve, avec 5 enfants scolarisés et est à la tête du foyer. La gestion de la diversité dans un groupe peut constituer un défi de taille !

Lorsque vous travaillez avec des groupes AVEC existants (c’est-à-dire qui ont déjà traversé un premier cycle de formations intensives pour devenir des groupes autonomes – voir le module parties III et IV manuel AVEC), il est recommandé de débuter la collaboration au niveau des activités de culture de rente par un exercice de visualisation de groupe. Lors d’une telle session, les membres du groupe sont guidés à travers un processus décisionnel et formulent des objectifs et buts communs. Un tel exercice permet de comprendre comment une AVEC peut soutenir les activités de culture de rente et aide à identifier les opportunités et les défis. Si tous les membres du groupe ne sont pas intéressés par l’activité de culture de rente, il doit être possible de rester dans le groupe sans participer aux activités liées à la nourriture.

CARE a également élaboré plusieurs outils de facilitation qui aident les membres du groupe à visualiser les points de vue d’autres personnes avant de formuler un jugement. Consultez la page 28 (Combien d’yeux ? La valorisation des points de vue.)

Lors de la mise en place de nouveau groupes AVEC, il devrait être important de vous assurer que les activités de culture de rente constituent une opportunité qui traite les besoins de la communauté qui ont été formulés lors d’une évaluation initiale. Voir un guide exemple d’une telle session manuel AVEC, page 16. Assurez-vous également que l’activité a bien été discutée dans une rencontre de mobilisation de communauté  à la suite (page 20).

Il est également important de présenter les conjoints des femmes au cours des activités planifiées et ceci à un stade précoce. Ceci afin de s’assurer qu’ils comprennent le projet et afin de les encourager à soutenir leurs conjoints. CARE a mis au point un outil utile (4.1) pour pratiquer l’écoute active et la consolidation de soutien pour la participation des femmes dans le programme CARE. Cet outil peut aisément être adapté pour un projet de culture de rente.

Un leadership fort est une autre caractéristique d’un groupe qui fonctionne bien. Normalement les membres du groupe AVEC élisent des membres du comité de gestion faisant partie des groupes. guide de facilitation AVEC comprend des matériaux pratiques de formation qui aident à comprendre l’importance de l’élection d’un comité de gestion compétent pour assurer un bon fonctionnement du groupe et les étapes qui liées dans cela (module 1, page 44). Si le comité de gestion ne fait pas bien son travail, les membres peuvent remplacer (les membres du) le comité.

Lorsqu’un groupe AVEC participe à des activités liées à la culture de rente, cela peut amener certains nouveaux défis pour les chefs de groupes. Par exemple, lorsque les membres du groupe AVEC décident de travailler ensemble dans leur parcelle commune, on peut s’attendre à ce que tous les leaders jouent un rôle en motivant tous les membres de venir travailler sur les terres au moment convenu. Que faire lorsque tout le monde ne se présente pas comme convenu ?

Le modèle AVEC comprend habituellement un fonds appelé pénalité ; il s’agit d’un fonds plutôt modeste qui enregistre le tarif des pénalités. Ce sont les groupes eux-mêmes qui décident des règles et des pénalités infligées en cas de violations des règles. Ne pas se présenter au travail sur la parcelle commune pourrait constituer une pénalité.

Si les groupes AVEC décident de travailler de manière collective dans des activités de culture de rente, il convient de s’accorder au sein de l’Assemblée Générale (AG) quant aux rôles et responsabilités des membres et leaders et de discuter des sanctions et récompenses. Si tous les membres AVEC ne souhaitent pas participer aux activités de culture de rente, ceci doit également faire l’objet d’une discussion et convenu lors des réunions de l’AG.
Préparation des activités de culture de rente : parcelle, sélection de culture et intrants

Parcelle

Lorsque les groupes AVEC décident collectivement d’investir dans la production de culture vivrière, la première étape consiste souvent à acquérir une parcelle de petite taille. Cette parcelle achetée ou louée collectivement peut servir les deux objectifs principaux

  1. Parcelle de démonstration. Celle-ci peut servir de lieu de formation sur le terrain où les femmes peuvent apprendre en faisant
  2. La génération de revenus par le marketing collectif des cultures de rente.

Si le groupe décide de travailler collectivement sur une parcelle de terrain, CARE a élaboré un outil pratique qui permet de vous présenter les étapes qui doivent être observées pour accéder à une parcelle de terrain en tant que groupe

Il est important d’avoir à l’esprit les implications possibles de la sélection de la parcelle :

  • Ayez à l’esprit les situations où la parcelle de démonstration appartient à l’un des membres ; ceci peut créer des tensions parmi les membres du groupe.
  • La sélection d’une parcelle de démonstration peut également renforcer certaines liens de pouvoir au sein du groupe (par exemple dans le cas d’une parcelle qui appartient à un membre du groupe de sexe masculin)
  • La sélection d’une parcelle de démonstration peut être source d’autonomisation. Nous avons vu l’exemple où une femme est parvenue à obtenir une parcelle pour son groupe : ceci a renforcé sa confiance et l’a motivée à s’occuper de plus de choses pendant la saison scolaire.

Obtenir l’accès à une parcelle de petite taille peut constituer un défi et, parfois, il n’existe que quelques options disponibles. Nous notons plusieurs expériences positives dans lesquels les groupes AVEC sont parvenus, en tant que groupe, à obtenir des leaders communautaires traditionnels, l’accès à une parcelle. L’élément décisif fut que ces leaders étaient impliqués dès le début dans les activités de culture vivrière ; cela les incita à soutenir les femmes en leur permettant un accès à une parcelle.

L’utilisation d’une parcelle qui est la propriété des leaders de la communauté peut avoir des implications. Par exemple, il se peut que les élites locales ou les chefs locaux utilisent leur influence sur les activités du groupe pour servir leurs propres intérêts. Si l’on considère que ceci constitue un risque, les groupes peuvent également essayer de trouver un endroit plus neutre. Ceci peut être fait lorsque tous les membres participent financièrement à la location d’une parcelle. Point important, le bail de la parcelle doit au moins être à moyen terme.

L’outil CARE ne donne aucun détail sur les dimensions de genre de l’accès à la terre et la mobilité des femmes. Il est pertinent de tenir compte des points essentiels suivants lorsque vous souhaitez faciliter la sélection d’une parcelle commune pour la production de culture vivrière.

Principales considérations d’un point de vue de genre :

  • La mobilité des hommes et des femmes peut être déterminée par des facteurs tels que les rôles qu’ils ont dans le foyer, dans la ferme et au sein de la communauté. En général, les femmes ont plus de responsabilités dans la maison et autour, elles s’occupent des enfants et de la préparation des repas familiaux. Ces activités les relient au foyer et, en général, les rendent moins mobiles. Si la parcelle de démonstration est trop éloignée, ceci pourrait avoir des répercussions sur leur possibilité de participer.
  • Pour de nombreuses femmes, un manque de sécurité constitue une contrainte en cas de voyage loin de leur ville d’origine. Puisque les parcelles de démonstration sont souvent proches de la communauté, ce problème de sécurité n’est pas toujours présent, mais il pourrait toutefois se manifester ultérieurement, par exemple, lorsque le groupe est prêt pour la commercialisation.
  • Il est courant qu’une femme doivent demander la permission à son mari pour voyager, même pour des petits trajets. Si le mari ne soutient pas l’implication de sa femme dans les activités de culture vivrière ou s’il estime que cela lui prend trop de temps, il peut lui refuser la permission de voyager.

Pour mieux comprendre la mobilité des femmes, un exercice de cartographie de mobilité montre à quelle distance, et vers quelles institutions et dans quels objectifs et avec qui les membres du groupe peuvent voyager en comparant cela au début du projet / programme. Cette cartographie est effectuée dans le cadre d’une discussion de groupe de réflexion. On demande aux participants de dessiner des cercles concentriques sur le sol à l’aide d’une craie ou avec un crayon sur du papier graphique. Chaque cercle concentrique représente la distance à partir du village du participant. Le(s) participant(s) peut/peuvent indiquer les distances de voyage sur la carte. Une description plus détaillée se trouve dans une gamme d’outils sur un S&E participatif  (à la page 37).

Sélection de culture

L’aspect le plus important à prendre en compte pour la sélection de la culture est de comprendre les principales motivations des femmes les encourageant à investir du temps et des ressources dans les cultures de rente et d’éviter toute supposition. La motivation principale est-elle la suivante :

a.    gagner un peu d’argent ?

b.    la consommation du ménage ?

c.     un mélange des deux ?

Si la motivation principale est de gagner un peu d’argent, l’étape suivante consiste à faire une étude de marché. Une telle étude peut être menée par les membres du groupes et les facilitateurs du projet. Lors de l’étude de marché, la faisabilité, la profitabilité, le potentiel commercial, et la disponibilité de parcelle sont étudiées, tout en s’appuyant sur les connaissances du contexte des membres du groupe eux-mêmes. CARE a mis au point des outils utiles pour évaluer par exemple la profitabilité des différentes cultures de rente, ceux-ci sont disponibles ici.

La sélection des cultures de rente doit être effectuée selon l’approbation générale (dans le cas d’une production de groupe). Si les femmes souhaitent utiliser les cultures (une partie de celles-ci) pour une consommation domestique, il est recommandé de donner une enseignement sur la nutrition. CARE a mis au point les outils de Nutrition suivants qui peuvent vous aider dans cet objectif.

Voici plusieurs exercices de préparation qui aident les groupes à sélectionner les cultures qu’ils souhaitent mettre en valeur. diagramme des systèmes agricoles (page 75) permet de mettre en valeur l’ensemble du système agricole, y compris les activités de la ferme comme la production de culture mais aussi les activités hors ferme comme la collecte du carburant, et les activités non-agricoles comme le marketing. Les enseignements que l’on obtient par cet exercice permettre de comprendre quelles cultures ont le plus grand potentiel pour contribuer à l’autonomisation socio-économique des femmes .

Sélection de soja et arachide, un exemple pour CARE, Ghana

Lorsque l’équipe du Ghana a conçu le programme CARE, une analyse a été menée afin de déterminer l’accent sur les cultures. Tout d’abord, CARE s’est intéressée aux cultures qui étaient déjà considérées comme des cultures de femmes. L’équipe du Ghana ne souhaitait pas introduire une nouvelle culture mais souhaitait consolider les réalités et expériences existantes. Toutefois, certaines pousses que les femmes pouvaient cultiver et commercialiser comme le maïs, le sorgho et le millet sont consommés en tant que denrées de base au sein des foyer en période de disette. Ceci priverait les femmes de revenus en plus. Il en est de même pour les cultures utilisées pour les festivités et rituels culturels : de nombreuses céréales sont ainsi utilisées pour fabriquer des boissons alcoolisées et peuvent donc avoir des répercussions sur les revenus des femmes empêchant la vente de celles-ci lorsqu’elles doivent contribuer aux festivités et rituels (Source : cas d’étude Chemins vers l’autonomisation, Ghana du nord, 2015).

 

Intrants

S’impliquer dans la production de culture vivrière nécessite l’accès à certains intrants comme des plants et des engrais. CARE a mis au point un module (module 2.4) pour encourager l’utilisation de matériaux disponibles localement pour préparer des engrais biologiques sains d’un point de vue économique et écologique. Dans le même outil vous trouverez un test de germination (module 2.5) qui aide les membres du groupe à vérifier la qualité des graines et détermine sa viabilité pour améliorer les chances d’établissement d’une culture de qualité.

L’accès des groupes à des intrants de qualité au bon moment peut constituer un défi. C’est le cas en particulier lorsque le schéma de paiement AVEC, habituellement à la fin du cycle de 12 mois, ne coïncide pas avec le moment où il est temps de commencer la préparation de la ferme. Les matériaux agricoles, comme les binettes, les arrosoirs et les brouettes ainsi que les semences initiales pour la culture choisie sont nécessaires comme fonds de démarrage des activités du projet.

Autrement dit, il est recommandé de prévoir le paiement conformément au calendrier des saisons. Si le groupe a décidé d’investir de manière collective dans les activités liées à la culture vivrière, il est également envisageable d’utiliser l’intérêt suscité par les emprunts pour investir dans les matériaux agricoles.

 

Récapitulatif ressource à cette étape

Sélection des parcelles FFBS CARE

CARE. 2015. Outils de facilitation. Gamme d’outils, champ agricole et école de commerce

CARE. 2015. Outils de genre. Gamme d’outils, champ agricole et école de commerce

CARE. 2015. Outils marketing. Gamme d’outils, champ agricole et école de commerce

CARE. 2015. Outils de nutrition. Gamme d’outils, champ agricole et école de commerce

Murthy, RK. 2015. Gamme d’outils méthodes d’évaluation sensibles au genre Rapport technique

SEAGA. 2001. Programme d’analyse socio-économique et de genre Guide pratique sur le terrain

WFP et VAM. 2010. Comment mener une analyse de chaine de valeur des produits alimentaires ? Outil d’analyse marché

 

Cas