Au sujet de cet outil

Cet outil contient les étapes permettant d’effectuer une évaluation de genre au sein des organisations de producteurs. Il a pour objectif de mettre au point des interventions pour un fonctionnement optimisé des organisations à travers une adhésion et un leadership accrus des femmes.

CET OUTIL VOUS PERMET:

  • D’explorer le lien entre la production de cacao, les organisations de producteurs de cacao et le genre.
  • D’aborder les problématiques de genre dans les organisations de producteurs de cacao et en lien avec elles.
  • D’améliorer l’accès des femmes aux services de l’organisation de producteurs.
  • De promouvoir la participation et le leadership des femmes dans de telles organisations.

ÉTAPES À SUIVRE POUR UTILISER CET OUTIL

Étape 1 : Évaluer les rôles de femmes dans l’exploitation et dans les foyers

  • Quels sont les différents types de femmes impliquées dans le cacao ?
    (vérification au niveau des typologies existantes des femmes dans le cacao)
  • Quels sont les rôles des membres du foyer au sein de la ferme et des foyers ?

Étape 2 : Évaluer l’accès des femmes aux organisations de producteurs.

  • Identifier les critères d’adhésion par le biais d’entretiens avec les protagonistes clés
  • Redéfinir les opportunités pour assouplir les critères d’adhésion.

Étape 3 : Évaluer la participation des femmes dans les organisations de producteurs.

  • Identifier ce qui empêche les femmes de devenir membres d’une organisation et ce qui les incite à le devenir.
  • Élaborer un plan d’action pour promouvoir la participation des femmes.

Étape 4 : Évaluer la participation des femmes en tant que leaders dans les organisations de producteurs.

  • Identifier ce qui empêche les femmes d’accepter des postes stratégiques dans une organisation de producteurs et ce qui pourrait les inciter
  • Comprendre les contraintes des femmes en matière de temps, de mobilité et d’autres problématiques.
    Identifier les perceptions liées aux qualités de leadership des hommes et des femmes.

Étape 5 : Suggestions de programmes d’interventions efficaces

  • Identifier des programmes d’interventions efficaces.
  • Renforcer les capacités de votre organisation et vos partenaires afin d’améliorer la sensibilisation des femmes.

Encadré 1 : Étapes à suivre pour utiliser cet outil

LA GENÈSE DE CET OUTIL

Cet outil est basé sur une évaluation rapide de deux coopératives cacaoyères qui fournissent Cargill dans la région est de la Côte d’Ivoire. Les encadrés de texte illustrent comment cet outil était utilisé dans l’exemple Cargill.

RESSOURCES

Agri-ProFocus (2012). Genre dans les chaînes de valeurs. Gamme d’outils pratiques pour intégrer une perspective selon le genre dans le développement de la chaîne de valeur en agriculture. Auteur : Angelica Senders.

Barrientos, S. (2013). Réseaux dans la production de genre Soutenir l’approvisionnement en cacao-chocolat au Ghana et en Inde. BWPI Working Paper. Brooks World Poverty Institute, University of Manchester.

Buscher, Dale. 2005. “Masculinités : Rôles masculins et implication masculine dans la promotion de l’égalité des genres : Une gamme de ressources.” New York : Commission des femmes pour les femmes et les enfants réfugiés.

ICRW (Centre international de recherches sur les femmes) et Instituto Promundo. 2011. “Hommes en évolution : Résultats initiaux de l’étude internationale sur les hommes et sur l’égalité entre les genres.” Washington, D.C. et Rio de Janeiro

KIT (2012). Améliorer la sensibilisation des femmes au sein du programme de moyens de subsistance cacao (CLP). Rapport sur l’atelier et les recommandations sur le genre phases 2 et 3. Recommandations pour CLP. Institut royal des Tropiques, Amsterdam, Pays-Bas. Auteurs : Rozemarijn Apotheker, Anna Laven, Noortje Verhart

Pyburn, R. et Laven, A. (2012) chapitre 3. Cadre analytique. Dans KIT, AgriProFocus et IIRR. 2012.  Défier les chaînes au changement : Égalité des genres dans le développement de la chaîne agricole de valeurs KIT Publishers, Institut royal des Tropiques, Amsterdam.

Verhart, N. and Laven, A. (2011) Abordez l’égalité des genres dans les chaînes de valeurs agricoles :

Partage du travail en cours  – en phase avec la voie en la matière en cours aux Pays-Bas

FNUAP (fonds des nations unies pour la population) 2003. “Partenariat avec les hommes en matière de santé reproductive et de santé sexuelle.” New York :

UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance). 2011. “Promouvoir l’égalité des genres : Une approche de l’élaboration de programme ciblée sur l’égalité entre les genres : Vue d’ensemble de l’orientation opérationnelle.” New York

 

Introduction

POURQUOI CET OUTIL ?

En général, les femmes ont tendance à être invisibles et sous-desservies dans la production de cacao même s’il s’agit d’une exploitation cacaoyère familiale et que les femmes ont des rôles importants dans la production, la transformation et le séchage. L’une des raisons est que de nombreuses organisations de productions de cacao sont dominées par les hommes, que ce soit en termes d’adhésions ou de présence au niveau du conseil de direction. Les membres de l’organisation de producteur disposent souvent d’un meilleur accès à l’assistance technique et aux services de vulgarisation et de conseil. Les femmes sont cependant souvent exclues de l’adhésion ou elles n’en profitent pas de manière égale.

La sensibilisation limitée des femmes se fait souvent involontairement : parfois certains critères en place d’accession à certains services et / ou formation excluent, de manière automatique, la majorité des femmes. Par exemple, en Côte d’Ivoire, il faut souvent être propriétaire terrien avant de pouvoir rejoindre une organisation de producteurs / coopérative. Une autre condition qui limite la participation des femmes est que seules les personnes qui vendent du cacao à la coopérative peuvent devenir membre. En Côte d’Ivoire, le commerce du cacao est traditionnellement une affaire d’hommes. Puisque la plupart des formations du programme moyens d’existence, secteur du cacao (CLP) sont prises en charge par ces organisations, la majorité des femmes ne sont pas incluses et ne peuvent pas participer, en dépit de leur contribution signification à la production de cacao (consulter le Chapitre 2). Les femmes sont aussi souvent sous-représentées, notamment à des postes de leadership où des décisions stratégiques sont prises (KIT, 2012).

QUI PEUT / DEVRAIT UTILISER CET OUTIL ?

  • Cet outil s’avère particulièrement utile pour les entreprises qui se fournissent en cacao directement auprès des organisations de producteurs, comme les coopératives et qui souhaitent promouvoir l’égalité entre les genres. Les capacités suivantes sont recommandées pour l’utilisation de cet outil :
  • Compétences en matière de recherche participative
  • Compétences en matière d’analyse de genre
  • Capacité à contacter et à travailler de manière efficace avec des organisations de producteurs
  • Capacité à traduire les résultats des interviews en actions concrètes
  • Capacité à valider et à vérifier des observations

Pour éviter tout conflit d’intérêts, il est recommandé de faire intervenir une tierce partie pour la validation des observations. Si des groupes exclusivement féminins sont composés pour les discussions, il est recommandé d’y faire intervenir un chercheur / facilitateur de sexe féminin.

Appendice

Appendix – Framework for assessment and fieldwork

ÉTAPE 5 : SUGGESTIONS DE PROGRAMMES D'INTERVENTIONS EFFICACES

Points essentiels :

  • Des interventions simples ne sont pas susceptibles de générer un changement significatif. Des programmes d’intervention pilote qui améliorent les capacités des femmes et créent davantage d’opportunités de changement auront de meilleurs résultats.
  • La population ciblée devrait être impliquée dans les décisions relative aux interventions et apprentissages qui en découlent.  Réfléchir aux capacités liées à l’intégration du genre dans votre société et parmi vos partenaires.

Une fois que vous partagez les observations avec les informations et qu’il existe une base de soutien pour les interventions pilotes, vous pouvez commencer à identifier des opportunités et des actions pour améliorer les relations d’égalité entre les genres au sein de l’organisation de producteurs. Nous vous recommandons de faire cela en communiquant étroitement avec les bénéficiaires. Comme les inégalités entre les genres sont complexes, les interventions simples sont peu susceptibles de générer un changement significatif et peuvent même être nocives. Il est donc nécessaire de supprimer les obstacles sous-jacents et de créer des opportunités de changement afin de parvenir à faire un impact à grand échelle.

Pour identifier des stratégies pilotes, nous recommandons des programme d’intervention pilote permettant d’améliorer les capacités des femmes (angle individuel / groupe de femmes) et de créer un plus grand nombre d’opportunités de changement en évoquant les règles, les régulations ou les normes sociales qui créent des obstacles. Il est non seulement important de mettre en place des activités pilotes au niveau de l’organisation mais également d’inclure le reste de la communauté. L’autonomisation des femmes est un processus de changement social qui nécessite un soutien important.

Pour finir, informez les autorités locales des interventions identifiées en accord avec les bénéficiaires. Vérifiez si les autorités locales devraient soutenir vos interventions et assurez-vous de bien les informer dès le début du projet. Les autorités locales peuvent désigner des personnalités du gouvernement local et ou les décisionnaires comme les chefs de communauté. Assurez-vous également de prendre l’attache d’autres organisations actives dans la zone pour profiler les idées, les activités et pour éviter tout message et activité contradictoire. Pour finir, assurez-vous de l’élaboration d’un un plan d’action au niveau du genre avec des responsabilités et des bases claires.

Une évaluation rapide auprès de deux coopératives en Côte d’Ivoire a permis d’identifier les interventions possibles qui suivent. Les recommandations sont formulées aux entreprises qui ont pour objectif de promouvoir l’égalité entre les genres par le biais de l’approvisionnement des organisations agricoles. L’entreprise devrait formuler elle-même quelques recommandations. Cependant certaines interventions visent le niveau de l’organisation composé par les producteurs et d’autres la communauté.

Accessibilité

  • Effectuez des recherches et apprenez des meilleurs pratiques sur l’accès des femmes à la terre. S’il existe, dans la région, des organisations qui travaillent sur l’accès des femmes à la terre, associez-vous avec elles. Découvrez comment votre entreprise peut plaider en faveur du changement au niveau du système régional d’occupation des terres.
  • Suscitez un intérêt et sensibilisez les membres de la communauté (hommes et femmes) sur les effets négatifs d’un accès limité à la terre au niveau de la production de cacao et de la production alimentaire.
  • Soutenez et faites la promotion d’une adhésion double dans les organisations d’agriculteurs.
  • Soutenez les possibilités de paiement d’adhésion flexibles pour s’assurer que tous les producteurs de cacao sont financièrement en mesure de devenir membre d’une organisation.
  • Là où l’accès des femmes aux services des organisations d’agriculteurs est limité, l’établissement d’une ferme-témoin et / ou d’écoles d’agriculture de terrain peut soutenir ces femmes. Des plateformes telles que celles-ci peuvent contribuer à un accès améliorée aux intrants, crédits, connaissances et aptitudes ; ce qui peut constituer des tremplins vers une autonomisation des femmes et une participation accrue dans les organisations d’agriculteurs.

Participation

  • Suscitez l’intérêt et sensibilisez les membres de la communauté quant à la contribution des femmes à la production de cacao.
  • Élaborez des stratégies de communication et de promotion pour informer les différentes catégories de femmes sur leurs droits à devenir membre de ces organisations et sur les responsabilités et avantages qui en découleront pour elles toutes.
  • Faites la promotion de la mise en place de groupes de femmes au sein des organisations de producteurs (non-membres compris) afin de constituer des tremplins vers l’autonomisation des femmes au sein de l’organisation.
  • Suscitez l’intérêt et sensibilisez les membres de l’organisation quant à la valeur d’un processus décisionnel démocratique et à la représentation des femmes et des hommes.

Leadership

  • Soutenez l’action positive au niveau du recrutement dans les organisations de producteurs, c’est-à-dire en donnant une préférence aux candidats de sexe féminin pour les postes niveau management ou les postes sur le terrain ; ou dans le recrutement actif avec comme angle de cible les femmes qui ont bénéficié d’un niveau plus élevé d’éducation.
  • Soutenez le renforcement des capacités dans les groupes de femmes et parmi les membres de sexe féminin, allant des compétences d’alphabétisation de base au compétences de management.
  • Soutenez les femmes qui adoptent des rôles leaders dans le processus décisionnel d’investissements coopératifs de la communauté (membres et non-membres).
  • Co-financez des investissements coopératifs de la communauté pouvant contribuer à autonomiser les filles et les femmes.
  • Suscitez de l’intérêt et sensibilisez les membres et les membres de la communauté quant à la contribution des femmes dans des rôles de leadership (par exemple rassemblez des histoires avec des personnes faisant figure de modèles et présentant la portée du plan).

Gardez à l’esprit que les hommes et les garçons sont également bénéficiaires des processus d’intégration du genre. Vos interventions doivent également les toucher, leur permettant de reconnaître comment les inégalités de sexe portent préjudice à leurs partenaires et à eux-mêmes. Il est essentiel de convaincre les hommes de faire usage de leur pouvoir politique, économique et sociale dans le bénéfice et non pas à l’encontre de l’égalité entre les genres (FNUAP 2003 ; UNICEF 2011; Buscher 2005 ;ICRW et Instituto Promundo 2011).

Une recommandation finale consiste à réfléchir sur les capacités liées à l’intégration du genre au sein de votre entreprise et parmi vos partenaires (consultez également l’outil d’évaluation de capacité de genre). Les activités énumérées ci-dessous peuvent éventuellement vous aider à aborder et promouvoir l’égalité des genres dans votre société ou grâce à elle :

Élaboration de capacité au niveau de votre société et de vos partenaires

  • Organisez une formation de genre pour les équipes de votre entreprise et les partenaires de mise en œuvre, en vérifiant la participation des représentants de sexe masculin et féminin.
  • Élaborez une stratégie commune en matière de genre (avec les organisations d’agriculteurs et les partenaires de mise en place), y compris un plan d’action, des indicateurs clés de performance (notés KPI) et du suivi.
  • Mettez-vous d’accord sur des objectifs d’apprentissage et la documentation.
  • Intégration du genre au sein de la société
  • Action positive dans le recrutement (par exemple en donnant la préférence aux candidats de sexe féminin pour les postes sur le terrain.)

Intégration du genre des modules de formation

  • Si votre entreprise et / ou les partenaires de mise en œuvre utilisent des modules de formation pour le renforcement des capacités, procédez à une mise à jour en tenant compte des genres. Il pourrait s’agir d’un modèle de formation séparé sur le genre en agriculture.
  • Essayez d’avoir un nombre équilibré de formateurs de sexe masculin et de sexe féminin.
  • Essayez d’avoir un nombre équilibré de participants de sexe masculin et de sexe féminin.

 

ÉTAPE 4: ÉVALUER LA PARTICIPATION DES FEMMES EN TANT QUE LEADER DANS LES ORGANIZATIONS DE PRODUCTEURS

Si les femmes participent en tant que membres des organisations de producteurs de cacao, elles n’y ont pas souvent des postes de leadership. Cette étape se concentre sur l’évaluation de la participation des femmes en tant que leaders et sur l’identification des opportunités visant à promouvoir le leadership des femmes.

Points essentiels :
À la fois la capacité des femmes et les règles, régulations, normes et valeurs existantes influencent la participation des femmes dans des rôles de leadership au sein des organisations de producteurs.

Le premier exercice devrait consister à obtenir une meilleure compréhension des bénéfices potentiels d’une participation accrue des femmes au niveau de postes de management. Lorsqu’une FGD est organisé, il pourrait être judicieux d’organiser deux groupes séparés, l’un composé d’hommes, l’autre de femmes.
En fonction de la taille du groupe, vous pouvez demander au participants de se diviser en deux pour réfléchir sur :

  • L’importance d’avoir plus de femmes à des postes de management.
  • Les bénéfices d’avoir plus de femmes à des postes de management.
  • Se demander si une implication accrue des femmes au niveau de postes de leadership pourrait également bénéficier aux non-membres des communautés ?

Énumérer ensuite toutes les remarques des paires et faciliter une discussion au sein du groupe. Demander des explications si besoin, les questions pourquoi et comment.

Voici les bénéfices qui ont été énumérés lors d’une évaluation rapide en Côte d’Ivoire :

  • Sensibilisation des femmes – Les leaders femmes attirent plus de membres femmes au sein de la coopérative.
  • Représentation – Les leaders femmes pourraient mieux comprendre les intérêts et les besoins des autres femmes ; en effet les intérêts financiers des femmes ne sont pas souvent pris en compte.
  • Les femmes ayant des rôles de leadership sont des  modèles et contribuent à l’autonomisation, donnant aux plus jeunes femmes de la confiance et de la fierté.
  • Confiance – les leaders femmes génèrent en général une plus grande confiance de la part des membres de l’organisation.

La première partie de la discussion de groupe donnera probablement un aperçu de l’importance et des bénéfices d’un nombre accru de femme à des postes de management. Une fois que les membres du groupe sont d’accord sur ce point, la discussion peut se poursuivre et se concentrer sur les contraintes empêchant les membres de sexe féminin d’avoir des rôles de leadership. Ces contraintes peut être liées à des raisons pratiques, comme par exemple des contraintes de temps et liées à l’autonomisation, comme le manque de confiance. Le manque de participation des femmes à des rôles de leadership dans les organisations de cultivateurs est probablement lié aux capacités des femmes et à des règles, des régulations, des normes et des valeurs existantes.

Les obstacles suivants ont été identifiés par les informants de deux coopératives en Côte d’Ivoire :  1) contraintes de temps ; 2) difficulté à être au centre de l’attention, manque de confiance ; et 3) manque de soutien des hommes.
Pour parvenir à une compréhension plus approfondie des problèmes sous-jacents des principaux obstacles, il est nécessaire de poser des questions multiples liées aux informants. Classer ces questions et réponses peut inspirer les informants et vous-mêmes à trouver des solutions potentielles (voir l’illustration ci-dessous).

Figure 1 : Comprendre les contraintes rencontrées par les femmes les empêchant de prendre des rôles de leadership

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Pour finir, analyser les données acquises aux étapes 1 à 4 et assurez-vous que les observations sont communiquées au management et au conseil de direction de l’organisation. L’analyse et le partage des observation peut ouvrir les discussions afin d’identifier des interventions possibles.

ÉTAPE 3 : ÉVALUER LA PARTICIPATION DES FEMMES DANS LES ORGANISATIONS DE PRODUCTUCTEURS

Points essentiels :

  • Même lorsque l’adhésion est ouverte à tous, les exigences peuvent être restrictives ce qui implique l’exclusion de certaines groupes de cultivateurs cacaoyers, en particulier les femmes.
  • Plusieurs types de femmes sont engagées au sein des organisations de producteurs ; chacun de ces groupes doit faire face à différentes opportunités et contraintes.

Plusieurs raisons peuvent empêcher les femmes de prendre part aux organisations de cultivateurs même lorsqu’elles sont autorisées à en faire partie. Parfois, les femmes ne sont tout simplement pas conscientes qu’elles ont la possibilité de devenir membre d’une telle organisation. Certaines femmes ne peuvent pas payer les frais d’adhésion. D’autres femmes ne disposent pas du temps pour prendre part. Pour certaines femmes, les bénéfices potentiels qui découlent d’une adhésion ne sont pas clairs.

Afin de compléter l’exercice de l’étape 2, il convient d’organiser une discussion FGD en impliquant à la fois les producteurs de cacao de sexe hommes et femmes afin d’aborder les obstacles (et des dissuasions) auxquels sont confrontés les producteurs de cacao pour adhérer aux organisations de producteurs. Ils peuvent donner un aperçu des défis et partager leur propre point de vue

Le premier objectif de la discussion consiste à énumérer toutes les raisons pour lesquelles certains hommes et certaines femmes ne sont pas en mesure ou ne souhaitent pas adhérer à l’organisation même si, formellement, ils y ont accès. Certaines raisons spécifiques liées aux normes et rôles de genre expliquent-elles cela ? Certains groupes précis sont-ils exclus ? Essayez de comprendre le “pourquoi” et le “comment” de ces restrictions. Séparez les restrictions pratiques / dissuasions (c’est-à-dire les tarifs élevés d’adhésion) des restrictions qui sont plus liées à l’autonomisation (c’est-à-dire les femmes n’ont pas la confiance pour rejoindre l’organisation).

Discutez ensuite et réfléchissez avec tout le groupe sur les questions suivantes :

  • Que peut faire l’organisation de producteurs pour attirer / inclure un plus grand nombre de cultivateurs cacaoyers de sexe féminin ? Par exemple :
  • Comment l’adhésion peut-elle être abordable pour tous les types de personnes ?
  • Est-il possible d’obtenir des conditions flexibles de tarifs d’adhésion et des programmes de paiement qui tiennent compte des différents types de producteurs de cacao de sexe féminin ?
  • Est-il possible de planifier des réunions à des horaires qui conviennent aux hommes et aux femmes ?
  • Quels sont les types de services que peut proposer une organisation de producteurs afin d’attirer un plus grand nombre de femmes ou pour mieux servir les membres actuels de sexe féminin ?
  • Comment est-il possible de promouvoir la participation des femmes dans l’organisation / les organisations de producteurs au sein de la communauté ?

 

ÉTAPE 2: ÉVALUER L'ACCÈS DES FEMMES AUX ORGANISATIONS DE PRODUCTEURS

Points essentiels :

  • Certaines organisations de producteurs appliquent des critères d’adhésion exclusifs basés, par exemple, sur la possession de terrain ou sur une politique d’adhésion simple où seule une personne peut devenir membre par ménage.
  • Les organisations de producteurs fournissent habituellement uniquement leurs services à leurs membres. Il est possible de déployer d’autres approches en matières de prestations de services pour les non-membres, y compris les conjoint(e)s des membres.

Pour bien comprendre les critères d’adhésion au sein d’une organisation, il est possible d’organiser une discussion de groupe de réflexion (FGD) avec la direction et / ou le conseil d’administration de l’organisation donnée. Il s’agit d’une discussion minutieusement planifiée sur des thèmes pertinents et menée dans une atmosphère ouverte et bienveillante. L’un des objectifs de cette discussion est d’établir une liste de critères formels pour rejoindre l’organisation de producteurs. Ceci peut constituer la base d’un second volet de discussion permettant d’identifier les obstacles informels que peuvent rencontrer les fermiers avant de devenir membre. Pour finir, la discussion pourrait porter sur les personnes pouvant être exclues de l’organisation en raison des critères ci-avant et des restrictions non formelles (certains groupes spécifiques sont-ils exclus ?).

Encadré 3 : Pourcentage élevé de membres de sexe féminin – apprendre de Coopayem

Les coopératives auxquelles nous avons rendu visite en Côte d’Ivoire avaient deux exigences formelles en matière d’adhésion :

1. Terre  – Les membres sont propriétaires ou locataires de terres et vendent une partie du cacao issue de cette parcelle à la coopérative.

2. Adhésion – Les membres s’acquittent d’une “redevance ou sociale ou adhésion” qui se situe entre 25 000 et 60 000 CFA versée à la coopérative, il est possible de s’en acquitter en deux.

Si d’autres organisations de producteurs de la région / du pays en question sont réputées pour leur succès, par exemple parce qu’elles ont un pourcentage élevé de membres de sexe féminin, il peut être judicieux de voir ce que vous pouvez apprendre de leurs pratiques. Une coopérative de Côte d’Ivoire a obtenu un pourcentage élevé de femme grâce à une politique “d’adhésion double’ (voir l’encadré ci-dessous). Quelles sont les leçons à tirer de cela ?

Encadré 3 : Pourcentage élevé de membres de sexe féminin – apprendre de Coopayem.

  • Une adhésion plus moins élevée (25 000 CFA) attire un plus grand nombre de femmes (toutes les nouvelles coopératives ont des tarifs d’adhésion moins élevés qui augmentent au cours des années)
  • Permettre aux épouses de membres masculin de devenir membre de la coopérative pour la moitié du prix (à savoir 12 500 CFA) entraîne une augmentation des adhésions des femmes ;
  • Encourager les épouses à prendre part avec les membres masculins aux réunions et formations permet d’améliorer la participation des femmes ;
  • Démontrer les avantage d’une nouvelle initiative (comme la double adhésion) peut encourager les hommes à soutenir la participation des femmes dans les coopératives.

ÉTAPE 1: ÉVALUATION DES RÔLES DES FEMMES AU NIVEAU DES SPHÈRES PRODUCTIVES ET REPRODUCTIVES

Points essentiels :

  • Les femmes jouent un rôle significatif dans la ferme mais ne sont pas souvent considérées comme cultivateurs de cacao.
  • Pour évaluer la participation et le leadership des femmes au niveau des organisations de producteurs, il est essentiel de reconnaitre les différents types de femmes impliquées dans la culture du cacao  (par exemple le gestionnaire de sexe féminin ou l’épouse) et de comprendre qui est propriétaire et qui contrôle les ressources de la ferme.

Avant de procéder à l’évaluation de l’accès des femmes aux organisations de producteurs, il semble judicieux de disposer d’une bonne connaissance de l’implication des femmes dans la culture du cacao. Connaitre les rôles et les activités de tous les membres d’un ménage contredit l’affirmation selon laquelle seule les hommes sont des producteurs de cacao. L’exercice suivant vous aidera tout d’abord à reconnaitre les différents types de femmes qui sont impliquées dans la production de cacao puis de comprendre qui a l’accès aux (et le contrôle des) ressources nécessaires à la production de cacao.

Qui a l’accès (aux et le contrôle des) ressources de la production de cacao ?

Il est important de se rendre compte que les rôles selon le genre et les compositions des ménages ne sont pas fixes ou uniformes. La majorité des ménages des communautés cacaoyères ont a leur tête un homme ce qui signifie qu’un fermier (de sexe masculin) est enregistré en tant que gérant de ferme cacaoyère ; c’est souvent la personne qui vend le cacao et qui décide du mode de dépense des recettes provenant du cacao. Les femmes jouent également un rôle significatif dans la ferme mais ne sont pas toujours considérées comme cultivateurs de cacao. Il se peut que les femmes contribuent à la production de cacao mais ne se considèrent pas comme étant des productrices de cacao ; en effet elles associent le travail dans la ferme cacaoyère à de multiples autres activités du ménage et d’autres activités lucratives.

L’accès au (et le contrôle du) terrain et du travail détermine, dans une large mesure, comment les femmes sont impliquées dans la culture de cacao, leur participation au sein des organisations de producteurs et les bénéfices issus de ces activités (KIT, 2012). Lorsque l’on essaie d’accroitre l’adhésion et le leadership des femmes, il est utile de savoir identifier les différences entre les femmes et de les intégrer dans vos interventions. Si la différenciation ci-dessous n’est pas écrite dans le marbre, elle permet toutefois d’illustrer comment les différences entre femmes importent.

Les femmes des foyers dirigés par des femmes et propriétaire de terres cacaoyères

produtrice-cacaoLes femmes qui possèdent des terres ou qui disposent de droits d’utilisateurs à long terme ont le contrôle sur ce qu’elles font de cette terre. Ce groupe est composé d’un nombre limité de femmes. En tant que gestionnaire de ferme, elles sont plus susceptible d’être conviées à accéder aux organisations de producteurs. Les contraintes possibles à leur participation (ou bénéficiant de leur participation) est le manque de temps, et / ou le manque de confiance.

Les femmes qui entrent dans cette catégorie sont susceptibles de présenter certaines caractéristiques communes : par exemple, être célibataires (ayant hérité de la terre de leur mari ou de leur propre famille) ; être dépendantes de leur propre travail ou de la main-d’œuvre (puisqu’elles n’ont souvent pas accès à une main-d’œuvre masculine), et, par conséquent, sont confrontées à des contraintes de temps. Même si elles sont décisionnaires sur leur ferme, elles représentent aussi toutefois un groupe plus vulnérable, impliquant des femmes qui possèdent uniquement une petite parcelle de terre, d’un âge relativement plus élevé et ont souvent un niveau d’éducation limité.

Au sein de ce “groupe”, vous trouverez également d’autres types de femmes, comme des propriétaires de parcelles de plus grande taille avec une personne chargée de la plupart du travail tandis qu’elle prend à sa charge les autres activités génératrices de revenus. Ces femmes sont susceptibles de prendre part activement à un organisation de producteurs, en tant que membre et leader et peuvent potentiellement faire figure de modèle pour d’autres femmes.

Les femmes dans les ménages dirigés par des hommes qui travaillent dans une ferme cacaoyère sans posséder de terrain.

La majorité des femmes impliquées dans la production de cacao sont des femmes épaulant leur époux ou d’autres membres de leur famille dans la ferme sans être propriétaire de la parcelle (ou d’une partie) destinée à la production du cacao (désignées souvent comme épouses). Ces femmes contribuent de manière significative à la production de cacao mais ne sont pas impliquées dans le marketing cacaoyer et ne sont pas susceptibles d’être invitées prendre part aux organisations de producteurs. Ce sera en fait souvent leurs époux qui assisteront à leur place.  Il s’agit là d’une opportunité manquée. En tant que contributeurs importants, ces femmes pourraient bénéficier directement des formations des organisations d’agriculteurs et apprendre à ajouter de la valeur aux activités cacaoyères. Il serait judicieux qu’elles puissent être bien représentées au sein de l’organisation (en ayant de telles femmes dans le conseil d’administration et le management).

Les femmes de ces ménages dépendent souvent de sources de revenus supplémentaires pour s’occuper d’elles-mêmes et des membres de leur famille. Ces activités s’ajoutent à leur travail dans la ferme et à la maison, augmentant ainsi leur charge de travail ; risquant de les empêcher de prendre part aux organisations de producteurs. Si l’argent qui provient du cacao n’est pas partagé avec ces femmes, elles risquent de ne pas être intéressée pour prendre part à une organisation d’agriculteurs.

Les femmes des ménages dirigés par un homme et qui travaillent dans une ferme cacaoyère tandis qu’elles disposent d’une petite parcelle de terrain pour la production de cacao.
Ces femmes, qui contribuent à la fois à la production de cacao dans la ferme de famille et qui sont propriétaires d’une petite parcelle de terrain cacaoyer ne sont pas susceptibles d’être invitées à prendre part à une organisation de producteurs. Ce sont leurs époux qui participeront à leur place. Cependant, puisque le cacao génère de l’argent dont elles disposent, ces femmes seraient probablement intéressées pour participer et accéder aux services et intrants, afin d’améliorer leurs récoltes ou la qualité. Le temps peut toutefois aussi se révéler un facteur limitatif ; en effet, elles doivent produire des culture vivrières et sont responsables des tâches ménagères du foyer en plus de la production de cacao.

Les femmes qui travaillent dans des fermes de métayers
De nombreux fermiers travaillent en tant que gardien ou métayer. Souvent, les hommes composant le ménage se chargent des arrangements de métayers / gardiens tandis que les femmes les soutiennent. Les métayers / gardiens sont moins susceptibles d’être invités à devenir membre d’une organisation de producteurs. Ils sont confrontés aux mêmes contrainte que les épouses.

woman-and-childJeunes femmes qui vivent au sein de fermes cacaoyères
Les jeunes femmes qui ont grandi dans une ferme cacaoyère n’envisagent souvent pas leur avenir dans la production de cacao puisque le travail est perçu comme difficile et pas toujours gratifiant. Si, en tant qu’organisation de producteurs, vous souhaiteriez stimuler l’adhésion des jeunes femmes et des (futurs) leaders, vous devriez envisager de stimuler des modèles qui attirent les jeunes femmes et mettre en place d’autres incitatifs qui font écho chez ces femmes.

Bénéfices de la production de cacao

Les régimes de propriété dans les fermes cacaoyères influencent grandement qui sont les personnes qui bénéficient du cacao.

Les typologies qui précèdent peuvent servir à mener une évaluation de propriété qui inclut le terrain, les cacaoyers et les fèves de cacao. Ceci nous permet de mieux comprendre l’influence qu’ont les femmes en termes de production et de marketing ainsi qu’au niveau du pouvoir décisionnel économique (c’est-à-dire du mode de dépense des recettes du cacao).

La première étape de l’évaluation ne doit pas prendre beaucoup de temps. Les typologies identifiées constituent probablement un bon point de départ et peuvent être rapidement validées et adaptées si nécessaire. Il serait intéressant d’évaluer quel type de femme vous touchez actuellement et celles qui ont été oubliées.

Cette première étape renforce la seconde étape de l’analyse : quels sont les rôles et les responsabilités des hommes et des femmes au sein de la ferme cacaoyère ?

Rôles et responsabilités dans la production de cacao

Dans le cas du cacao en Afrique de l’Ouest, un certain nombre d’études ont été menées sur les rôles et responsabilités dans une ferme de cacao (Tableau 2). Même si des différences surviennent au niveau local, les données existantes peuvent être utilisées lors de la vérification sur le terrain. Lors de cet exercice de vérification, les différences tâches au niveau du cacao sont énumérées dans une matrice ; celles-ci sont validées par les hommes et les femmes de la coopérative (qui fait partie de l’évaluation). Cet exercice permet également d’améliorer la sensibilisation aux différents rôles joués par les hommes et les femmes.

Tableau 1 : Rôles et responsabilités dans une ferme cacaoyère

ActivitésFemmesHommes
désherbage et préparation de la terrePrincipalement les femmesCertains hommes
achat des semences et plants de cacaoQuelques femmesPrincipalement des hommes
plantationToutesTous
cultures intercalaires vivrièresPrincipalement les femmesPeu d'hommes
arrosage du cacaoCas exceptionnels Principalement des hommes
élagage et taillePeu de femmesPrincipalement des hommes
récolte / cueilletteQuelques femmesPrincipalement des hommes
écabossageToutesTous
transport vers la ferme / les dépôtsPrincipalement les femmesCertains hommes
fermentationToutesTous
séchage et manutentionToutesTous
ensachageQuelques femmesPrincipalement des hommes
Vente auprès d'agences d'achat localesPeu de femmesPrincipalement des hommes

Source : Barrientos, 2013

Les femmes sont non seulement impliquées dans des rôles productifs, mais aussi dans des rôles sexués au sein du foyer ; ces rôles représentent un volume horaire important et une grande quantité d’énergie (Verhart et Pyburn, 2010). Nous recommandons donc d’énumérer à la fois les activités au sein de la ferme (cacao et nourriture) et les tâches prévues dans la sphère domestique (garde d’enfants, nettoyage et cuisine) et de faire une estimation du temps consacré à ces activités.
Tableau 2 : Matrice des rôles et des responsabilités

Activités Estimation en temps (calculée en heures par jour)HommesFemmes*GarçonsFilles
Tâches productives ..........
..........
Tâches domestiques (reproductives)..........
..........

*Puisque les femmes ne constituent pas un groupe homogène en fonction de la composition des participants, il est pertinent d’ajouter différentes catégories de femmes.

Cas