Point essentiel :

  • L’enseignement est crucial pour l’avenir des communautés cacaoyères d’Afrique de l’Ouest. Les taux de fréquentation scolaires sont toutefois faibles et les taux de décrochage aussi, notamment chez les filles.

POURQUOI ?

Les taux de fréquentation et de scolarisation se situent autour de 60-80% pour les écoles primaires et autour de 30-50% pour les écoles secondaires dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest (UNICEF, 2014). Les longues distances séparent les maisons des écoles et les faibles soutiens parentaux ont empêché les enfants de fréquenter les écoles. Des obstacles financiers à l’enregistrement des naissances ont empêché des groupes de migrants de scolariser leurs enfants (KIT, 2014).

Les taux de décrochage scolaire chez les jeunes en Afrique de l’Ouest sont élevés. Selon des données administratives, entre 20 et 40% des enfants d’Afrique de l’Ouest n’atteignent pas la dernière année du primaire et décrochent en cours de route (UNICEF, 2014).

Tableau 1 : Différences en matière d’enseignement entre les hommes et les femmes agriculteurs

Niveau de scolaritéCôte d'Ivoire Ghana Nigéria 
HommesFemmesHommesFemmesHommesFemmes
N'ont jamais fréquenté l'école32%48%17%30%10%48%
N'ont pas terminé leur scolarité 27%26%8%13%8%11%
Ont terminé le cycle primaire 15%14%5%9%23%16%
Ont fréquenté l'école primaire, le collège ou le secondaire 23%11%61%45%16%8%
Ont terminé le cycle secondaire ou supérieur3%0%8%2%43%16%

Source : Fortson et al., 2011

L’amélioration de la fréquentation scolaire pourrait engendrer une baisse du travail des enfants. Une étude menée auprès d’enfants ivoiriens a montré que la fréquentation scolaire atteignait 34% pour les enfants prenant part à toutes les tâches cacaoyères, tandis que la fréquentation scolaire des enfants qui ne travaillaient pas dans l’exploitation cacaoyère montait à 64% (IITA, 2002).

Au Nigéria, au Cameroun et en Côte d’Ivoire, les taux de fréquentation scolaire sont plus élevés chez les garçons que chez les filles (UNICEF, 2014). La première classe des deux écoles primaires d’Amélékia (Côte d’Ivoire) était composée de 60,6% de garçons et, de seulement 39,4%, de filles (KIT, 2014). Les taux de décrochage dans les écoles primaires ivoiriennes sont de 38,2% pour les garçons et de 40,6% pour les filles (UNICEF, 2009). L’étude menée à Amélékia montre que les grossesses précoces étaient la cause principale de décrochage des jeunes filles du système de formation professionnelle (KIT, 2014).

Meilleures pratiques : SAGE²S et Plan Cacao Nestlé

Le système noté SAGE²S (Système d’éducation et d’autonomisation spécifique par tranche d’âge) est un programme pilote mené à Amélékia, une communauté cacaoyère dans l’est de la Côte d’Ivoire. Ce programme a pour objectif d’aborder les problématiques relatives à la scolarisation en autonomisant les filles et les jeunes femmes dans les communautés rurales selon trois tranches d’âge différents, grâce à la formation agricole et au développement de micro-entreprises. SAGE²S résulte d’une coopération entre la WCF (Fondation mondiale du cacao), l’ADM (société Archer Daniels Midland), l’IECD (Institut Européen de Coopération et de Développement ) et le KIT (Institut royal des Tropiques).

Nestlé s’est engagé à construire 40 écoles en quatre ans. 23 ont été construites à ce jour. Nestlé travaille avec la communauté afin d’obtenir son aide dans la construction des écoles et de créer des comités de gestion des écoles. Certaines écoles ont été mises en place avec des jardins potagers ceci permettant de fournir des revenus et d’aider l’enseignement de compétences pratiques. Le nombre restreint d’écoles signifie que les enfants ne reçoivent pas d’éducation ou qu’ils doivent marcher longtemps pour parvenir à l’école ; les écoles existantes sont souvent surchargées avec plus de 55 élèves par classe. L’éducation des filles est la première étape permettant d’aider la génération à venir de femmes et d’enfants.