Point essentiel :
Les cultivatrices de cacao d’Afrique de l’Ouest ne parviennent pas à leur plein potentiel en raison d’un accès limité à la terre, aux intrants agricoles et aux informations.

POURQUOI ?

De nombreuses entreprises fournissent une formation technique, des services de vulgarisation, des crédits et des intrants à leurs petits fournisseurs ceci afin d’améliorer la productivité et la qualité du cacao. Les recherches montrent que les femmes ont tendance à moins bénéficier de ces intrants et services que les hommes (Chan & Barrientos, 2010). Il s’agit là d’une opportunité commerciale manquée.

« Même lorsque les femmes prennent à leur charge la majorité du travail agricole, c’est souvent leur mari qui est enregistré comme agriculteur, donc c’est probablement lui et non sa femme qui sera convié à participer à la formation pertinente. » (Chan & Barrientos, 2010).

Les services de vulgarisation impliquent souvent des partis pris, comme une taille minimum de la parcelle, l’alphabétisation et la capacité d’acheter des intrants qui excluent les femmes (Manfre et al., 2013). Les femmes présentent ainsi des inconvénients de taille pour accéder aux services de vulgarisation et à la formation. En général, on estime que les femmes bénéficient de seulement 5% du total des services de vulgarisation agricole (Greene & Robles, 2012).

L’accès aux groupements d’agriculteurs nécessite souvent d’être propriétaire terrien ou alors d’avoir une production ou des volumes de récolte minimum ceci afin de démontrer qu’ils sont des « fermiers sérieux ». Ces exigences excluent la plupart des femmes impliquées dans la production de cacao (Chan & Barrientos, 2010).

Les femmes souffrent également de manière disproportionnée dans l’accès aux facilités de crédit et à l’équipement agricole. Au Ghana, les femmes sont pratiquement exclues de tout système bancaire et de crédit traditionnel.

La plupart des agents de vulgarisation et des formateurs sont des hommes. Seulement 15% des agents de vulgarisation agricole de la planète sont des femmes (FAO, 2007 ; Banque mondiale/FAO/FIDA, 2009).

« Les organisations de producteurs de cacao sont essentielles pour partager des connaissances, fournir des services et stimuler la productivité ; celles-ci sont toutefois souvent dominées par les hommes. En effet, les personnes qui en sont membres, qui y sont responsables, qui bénéficient de formations et qui sont aidées par ces organisations d’agriculteurs sont, dans la majorité des cas, de sexe masculin. » (Velyvis et al., 2011).

La réduction des inégalités entre les genres dans l’accès aux ressources productives et aux services engendrerait l’augmentation des rendements des fermes exploitées par les femmes de 20-30%. Cela permettrait d’augmenter le total de la production agricole de 2,5 à 4% (FAO, 2011).