Points essentiels :
Les femmes accomplissent en réalité presque la moitié des tâches au sein de la ferme de cacao. Les femmes sont principalement chargées de s’occuper des jeunes plants et des activités de post-récolte. Le grand défi : Comment impliquer les femmes afin de maintenir et d’améliorer la qualité du cacao tout en ; (1) s’assurant qu’elles bénéficient de leurs efforts et (2) ne leur surchargeant pas de tâches supplémentaires.

POURQUOI?

La production de cacao est un secteur qui, de nos jours encore, est considéré comme une « affaire d’hommes ». Les femmes qui travaillent dans les fermes de cacao le font souvent de manière non rémunérée comme membre de la famille ou comme travail occasionnel et leur contribution n’est pas reconnue à sa juste valeur (Barrientos, 2013). Des recherches approfondies montrent en réalité que les femmes prennent à leur charge la moitié des tâches de la ferme de cacao. Comprendre et reconnaître la contribution des femmes au processus de production constitue donc la première étape vers l’amélioration de la production de cacao.

Figure 1 : Le rôle des femmes dans la culture du cacao

Figure 1 - Fact sheets v2

Division du travail : Même si les hommes et les femmes exécutent différentes tâches dans la production de cacao, le volume horaire consacré est à peu près le même (UTZ/Solidaridad, 2009). Dans les communautés cacaoyères, les hommes prennent à leur charge les tâches plus dangereuses et physiquement exigeantes, comme la pulvérisation de pesticides, l’élagage et la récolte du cacao. Les femmes s’occupent elles principalement des jeunes plants et des activités de post-récolte telles que l’écabossage, la fermentation et le séchage. Il s’agit là de tâches essentielles pour garantir la qualité du cacao. L’avenir de la production de cacao de haute qualité dépend donc des femmes impliquées (Barrientos, 2013).

Les femmes sont moins susceptibles de bénéficier des recettes provenant du cacao : la commercialisation du cacao est entre les mains des hommes (UTZ/Solidaridad, 2009) ; ces derniers détiennent plus souvent une adhésion coopérative. Une étude menée auprès de 1000 agriculteurs au Cameroun a montré que, parmi les cultivateurs mariés, 97% des hommes étaient en charge de la commercialisation du cacao (GTZ, 2009).

Tableau 1 :  Contrôle sur la commercialisation du cacao par genre et statut marital (en %) au Cameroun réparti par gestionnaire agricole homme et femme

u00c9tat civil (%)Homme  Femme  
Moi-mu00eameu00c9pouseAutreMoi-mu00eameu00c9pouxAutre
Mariu00e9(e)971254433
Cu00e9libataire95-5100--
Veufu00a0/u00a0veuve85-477-23

Source : GTZ, 2009

En plus de leur travail à la ferme de cacao, les femmes sont chargées des tâches ménagères et d’autres activités (comme la culture vivrière et son commerce). En additionnant toutes les activités, les hommes travaillent en moyenne 49 heures par semaine tandis que les femmes ont en moyenne une semaine de travail de 63 heures (Hill and Vigneri, 2011).

Meilleures pratiques : le Plan Cacao Nestlé

Durant la période 2009-2014, Nestlé a aidé la coopérative COPAZ qui soutient les femmes en distribuant plus de 300 000 nouveaux plants de cacao. Agathe Vanier est la fondatrice et présidente de la coopérative COPAZ, basée à Divo, au centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Agathe a mené une campagne visant à démontrer que l’inclusion des femmes dans la culture du cacao aurait non seulement impact positif pour les autres familles mais aussi pour le pays tout entier ! En 2010, sa coopérative de 600 femmes a rejoint le Plan Cacao Nestlé. Nestlé leur fournit des plants de cacao haut rendement, résistants aux maladies ainsi qu’une assistance technique. La coopérative a également reçu l’aide de Nestlé dans l’achat d’un nouveau camion pour livrer les fèves de cacao. « La culture du cacao était, dans notre tradition, exclusivement réservée aux hommes », expliqua Agathe. « Nous les femmes, nous nous sommes battues pour faire valoir nos droits à disposer d’une terre et le Plan Cacao Nestlé nous soutient. »